Chapitres

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Les Vipères et Lolo B.

Préambule

Il pleuvait depuis des jours sur Notwin Pinktown. C'était la saison des pluies, de celles qui glacent les hardeurs même les plus extrêmes. Comme tous les ans, depuis le jour de l'explosion, à cette période de l'année, la ville mutait en cité lacustre. Le fleuve quittait son lit pour embrasser la cité, pénétrer ses rues sinueuses et s'enfoncer en son centre pour la rendre humide.
L'un des avantages de cette saison pluvieuse était que nul n'avait besoin de se méfier des pigeons carnivores car ils ne nageaient pas très bien et préféraient rester cacher en attendant la décrue, ou que les prochaines générations naissent avec des pattes palmées, on ne savait pas très bien. L'autre point positif de la situation était que les dauphins d'eau douce revenaient batifoler dans les rues du centre ville transformées en canaux, ce qui pouvait constituer un formidable moyen de transport pour qui savait parler dauphin. Les autres pouvaient toujours utiliser des bateaux gonflables ou les taxi-barques, se fabriquer des radeaux ou encore utiliser tout simplement les ponts suspendus qui rejoignaient les immeubles entre eux par le deuxième étage (Décret 90d de la ville : «  Les appartements des deuxièmes étages seront réquisitionnés pour en faire des lieux de passage permettant d'emprunter les ponts suspendus à l'occasion de la saison des crues du fleuve. Quant aux ponts suspendus des derniers étages, ils seront réservés aux personnalités crapuleuses de la ville. »).

C'est donc dans ce contexte humide que les Vipères évoluaient. Le choc du combat avec le méchant démon Criz venait tout juste d'être résorbé mais pas sans conséquences, il avait eu raison de tous les couples existants chez les Vipères. L'ennui et la pluie avaient fini le travail, néanmoins tous restaient en bon terme. Les Vipères essayaient tout de même de reprendre une vie normale, les sens encore plus aiguisés qu'avant, à l'affût de la moindre manifestation du méchant démon. Celui-ci semblait s'être retiré de la ville, mais les Vipères savaient que cela n'était que ruse.

Toute cette histoire leur avait laissé des séquelles mais lesquelles ?

I.

Sexysperma rentrait chez elle en empruntant les ponts suspendus comme tout le monde. Elle pressait le pas, se hâtait de rentrer chez elle où l'attendait ce qu'elle enviait depuis le matin même, quand elle était partie. La pluie n'avait pas de prise sur Sexysperma qui était prise de pensées coquines en traversant la ville de deuxième étage en deuxième étage. Elle se sentait légère comme Pérette qui revenait du marché avec son petit pot de crème.

Au même moment dans une autre partie de la ville.

« Putain, j'ai vraiment du mal à me réveiller aujourd'hui. Je me sens toute patraque. Qu'est ce que j'ai mal aux seins ! Je vais aller prendre une douche, ça me fera du bien. » La jeune femme en nuisette se dirigea dans sa salle de bain. Elle alluma la lumière et se planta devant son miroir. « J'ai vraiment une gueule de junkie ce matin. Pourtant je ne me suis pas droguée depuis longtemps, je devrais peut être reprendre... C'est bizarre mais j'ai l'impression que mes seins ont grossi. » La jeune femme retira sa nuisette délicatement et libéra sa poitrine voluptueuse. « Whaou ! On dirait bien que j'ai pris deux bonnets et une taille de plus dans la nuit. C'est pas mal. Je vais pouvoir mettre des décolletés profonds et faire tomber les mecs. » Elle ne croyait pas si bien penser.
En attendant, toute son attention était portée sur ses nichons bombés et fermes. Elle commença à se caresser la poitrine doucement en la pressant délicatement de temps en temps. De suite, elle se sentie bien. Ses lolos tressaillaient, ils en voulaient encore. Ses mains semblaient être en pilotage automatique. Ses doigts étaient attirés par ses tétons pointés. Elle les titilla, les pinça tendrement et le plaisir monta d'un cran. « Hum, Dieu que c'est bon ! ». Elle ne pouvait s'empêcher de toucher ses protubérances mammaires comme pour la première fois, comme quand elle était adolescente et qu'elle découvrait son corps en pleine métamorphose et le plaisir qu'il était capable de lui donner dans la salle de bain fermée à clef. Ce plaisir qui montait et montait encore et ses seins excités qui gonflaient et gonflaient encore. La jeune fille ne pouvait plus voir ses pieds, mais elle s'en foutait car elle était plongée dans les délices de l'extase pré-orgasmique. En état de transe, la jeune fille sentait qu'elle perdait le contrôle mais la sensation était si bonne qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de continuer. L'orgasme arriva. Comme une bombe H, il explosa si fort que la jeune fille ne pu se retenir de gémir de façon exponentielle avant de s'abandonner en un long râle de jouissance.
Son cri fut entendu par son vieux voisin pourtant sourd comme un pot. Une bonne partie de la ville put entendre aussi le cri de jouissance de la jeune fille. Le papy d'à côté, qui avait été dérangé dans sa sieste se décida à se lever de son fauteuil aussi vieux que lui, pour aller dire à sa voisine de jouir un peu moins fort. Une fois debout, il se demanda ce qu'il faisait et se rassit pour faire la sieste en attendant son émission favorite.

Sexysperma avait elle aussi entendu le cri. Elle s'était arrêtée un instant comme tous les autres passants qui passaient, en se demandant qui pouvait jouir aussi fort. Qu'importe, s'était-elle dit en reprenant son chemin. Ce cri n'avait fait qu'augmenter son envie de rentrer rapidement dans sa maison, de fermer la porte à clé et ne plus répondre à personne pendant au moins une heure. Elle pressa un peu plus le pas, elle était bientôt arrivée.

II.

Une sonnerie se fit entendre dans une pièce sombre et chaude qui avait vu la sueur couler et le plaisir dégouliner au sol.
- Allo Sexy ?
- Salut Chéri.
- Qu'est-ce qui passe ? J'ai pas arrêter d'essayer de t'appeler depuis plus de deux heures ? mitrailla Cyprin.
- Ben, j'étais occupée. J'avais des… des papiers importants à faire et je voulais rester au calme.
- Ça ne te ressemble pas trop mais bon, si c'était des papiers importants alors je comprends, dit Cyprin sur un ton plein de sous-entendus et de soupçons du genre : je ne te crois pas du tout et en plus tu as la voix d'une personne exténuée de plaisir.
- Oui très importants, dit Sexysperma pour mettre un point final à la conversation qui prenait un tournant qu'elle n'avait pas envie de prendre. En bonne conductrice de conversation elle reprit le fil pour en découdre avec ce sujet. Tu m'appelles pour savoir mon emploi du temps ?
- Non, je voulais juste te dire que je venais de débarquer à Notwin P. ce matin.
- Gééénial, exulta sincèrement Sexysperma, viens boire le thé !
- Le thé ?
- Oui enfin, le thé qui a le goût de vin blanc.
- Ah, ça change tout. J'arrive.

Cyprin était partit après la confrontation avec le méchant démon Criz rejoindre la ville qu'il avait décidé de conquérir avec un cœur tout neuf. Toute cette histoire l'avait laissé au début un peu flagada mais grâce à son pouvoir de bootyshake il ne s'était pas laisser aller. Il avait entreprit une grande conquête des lieux de fête de la capitale en condamnant les gens qui s'y trouvaient, à danser jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Bien vite, sa réputation le précéda et il était attendu partout comme un dealer d'extasy dans une freeparty. S'il ne venait pas, les gens partaient à sa recherche en écumant les bars et les lieux dansants pour le retrouver et danser jusqu'à l'épuisement.
De retour à Notwin Pinktown, Cyprin était bien décidé à péter le cul à la morosité qui régnait dans sa ville natale, mais pour cela il avait besoin de ses amis. Puis, il faut l'avouer, il était aussi revenu parce que le comportement de Sexysperma l'intriguait et qu'il avait bien envie de percer son secret.

Quand Sexysperma raccrocha, elle se dit que Cyprin lui avait semblé suspicieux au téléphone mais elle décida qu'elle s'en foutait, elle était surtout heureuse de la venue de son ami. Il fallait prévenir les autres mais avant, elle voulait se garder un peu Cyprin juste pour elle. Avant son arrivée, il fallait faire un petit coup de ménage et pour se donner un peu d'entrain, Sexysperma sniffa les deux dernières lignes de vin blanc lyophilisé qui lui restaient. Elle lança sa machine à lyophiliser le vin blanc sec, fabriquée de ses petites mains et composée de coquillages et de crustacés. C'était en fait une sorte d'alambic nacré qui marchait à la vapeur, un truc qui ressemblait à un alambic steampunk.

Herr.Ektor était perplexe. Son légendaire flaire l'avait trompé. Il fallait bien l'admettre ce n'était pas de la C qu'il avait sous le nez mais des bonbons Vichy broyés. Comment cela était-il possible ?
Son téléphone-appareil-photo-portatif sonna.
- Salut Sexy.
- Salut Herr. Devine quoi ?
- Tu viens d'avoir un orgasme ?
- Non... Cyprin est en ville alors ce soir c'est réunion au sommet.
- Ok, mais à quel sommet ?
- Celui de l'immeuble 69 rue Vulvura, j'ai chopé des clefs d'un appartement vide au dernier étage, c'est le moment de faire la teuf.
- Super, par contre faudra trouver de la drogue parce qu'apparemment mon flair m'a lâché.
- Comment ?
- Oui, tu as bien entendu.
- Bon, on en parlera ce soir et t’inquiètes pas pour la drogue j'ai encore des réserves et pis y'aura toujours de mon fameux vin blanc lyophilisé.
- Ok on verra tout ça ce soir.
La conversation prit fin et Herr.Ektor retourna à ses pensées tortueuses

Asthik était sous les couvertures quand son téléphone vibra. Il tendit le bras, qu'il avait très long, et décrocha.
- Salut Asthik.
- Salut Sexy. Tu sais quelle heure il est ?
- Oui je sais, désolé de te déranger si tôt mais j'ai une super nouvelle.
- Tu as eu un orgasme ?
- Non... (mais qu'est ce qu'ils ont tous avec ça, se demanda Sexysperma), je voulais juste te dire que Cyprin est de retour alors ce soir c'est la fiesta.
- Cool. Je vais avoir le temps de me faire une beauté.
- Oui peigne ta plus belle perruque et ramène ton cul ce soir au 69 rue Vulvura, et préviens le reste de la troupe.
- Ok ça roule à ce soir.
- Biz.
Asthik laissa tomber son combiné et rassembla ses esprits pour organiser sa soirée. Il allait profiter du reste de journée pour peaufiner sa dernière moumoute. Depuis l'histoire avec le Prince-pas-très-charmant, il avait laissé de côté ses activités capillaires. Il avait perdu un peu le goût de tout ça mais aujourd'hui il se sentait prêt à reprendre du poil de la bête et il tricoterait toute la journée une jolie perruque blonde. 

III.

La nuit était tombée sur Notwin Pinktown. Les éclairages publics se reflétaient dans l'eau et les ponts des deuxièmes étages étaient fermés. Un jeune homme rentrait seul chez lui, pas très rassuré. Il avait pris une barque-taxi pour passer la partie émergée de la ville. Il n'avait jamais vraiment aimé naviguer mais il y était bien obligé et ça le rendrait renfrogné. Ainsi va la vie se dit-il, en maintenant son cap sur la rue Va Gina, une longue rue tortueuse qui permettait de sortir des inondations du centre ville. Arrivé à destination, il laissa la barque repartir à la recherche d'un nouveau client et s'en alla à pied, les mains dans les poches et le col relevé. Il y avait moins de lumière dans cette partie de la ville car les lampadaires ne se reflétaient dans rien, mais cela ne l'affectait pas, il était trop content d'avoir retrouvé la terre ferme et les pavés inégaux.
Il avançait d'un pas assuré quand un bruit attira son attention. Il s'arrêta et tendit l'oreille droite le plus loin possible pour définir la provenance de ce bruit. En fait, c'était plutôt comme une présence, une respiration lente et sensuelle, un son captivant. Le jeune homme se tourna vers un porche sombre pour voir ce qu'il entendait mais il faisait nuit et il ne voyait rien. Ces yeux fouillaient le noir. Il y avait comme une ombre dans l'ombre. Une ombre qui semblait lui chuchoter d'approcher, plus près, plus près encore, et le jeune homme s'approcha. Arrivé à une distance raisonnable, un mouvement s'amorça dans la nuit. De l'ombre pointèrent des tétons gainés de vinyle rouge, ils avancèrent petit à petit comme la proue d'un bateau sortant de la nuit, petit à petit, découvrant la face caché d'un iceberg inouï. L'homme n'en croyait pas ses yeux, c'était une paire de seins énormes qui se révélaient à la lueur de l'éclairage public qui vira immédiatement au rouge de pudeur. Au bout de la paire de seins, il y avait une femme, mais l'homme n'arrivait pas à la regarder dans les yeux, son regard était rivé sur son décolleté vertigineux. S'il avait pu voir son visage, il aurait vu une figure féminine étrange traversée d'un rictus, une espèce de sourire qui en disait long sur les intentions de la fille qui se tenait au bout de ces énormes nichons. L'homme ne pu s'empêcher de s'approcher encore, avec une envie irrésistible de fourrer sa tête dans l'interstice mammaire qui remplissait tout son champ de vision. Les seins se libérèrent de leur gaine de vinyle qui était en fait une robe. La poitrine s'offrit encore plus au jeune homme qui se sentait homme plus que jamais. C'était une invitation, un peu comme quand une personne vous ouvre les bras en signe de bienvenue avec l'intention qu'on s'y jette sans retenue pour l'enlacer avec joie. « Vas y mon coco, viens dans mes lolos » susurra sensuellement une voix. L'homme ne se fit pas prier plus longtemps pour réaliser un phantasme jusqu'ici refoulé.
Un passant passant par hasard aurait été témoin d'une scène bizarre : un homme penché en avant, la tête cachée dans une gigantesque poitrine, mais personne ne passait par là ce soir. Personne n'entendit non plus le craquement de vertèbres qui résonna au milieu de la nuit, ni le petit rire étouffé et plein de satisfaction qui s'échappa d'une bouche pulpeuse aux alentours de minuit.

IV.

69 rue Vulvura. Au dernier étage d'un immeuble tout ce qu'il y a de plus classique, les Vipères étaient réunies pour le retour de Cyprin. Chacun avait mis ses plus beaux habits pour cette réunion festive. Les bouteilles d'alcool se vidaient, les lignes de vin blanc se traçaient et se sniffaient aussitôt, la musique pulsait et les quelques figurants invités dansaient.
Comme à leur habitude, un peu après minuit, les Vipères réquisitionnèrent une pièce de l'appartement, pour discuter un peu de leurs projets et préparer une nouvelle offensive contre le méchant démon Criz.

Sexysperma prit la parole par la main.
- Les amis, je vous demande toute votre attention.
Les Vipères arrêtèrent de discuter pour écouter ce que Sexysperma allait leur dire.
- Nous sommes réunis ce soir autour de Cyprin pour célébrer son retour mais aussi parce qu'il faut que nous parlions de certaines choses étranges qui se sont passées dernièrement.
- Tu penses que le méchant démon Criz est de retour, demanda Asthik avec empressement.
- Je ne sais pas encore...
- Parce que s'il est de retour, la coupa Asthik avec fureur, je compte bien ce coup-ci en découdre avec lui et assouvir ma soif de vengeance...
- Oui on te comprend Asthik, mais il faut garder la tête aussi froide qu'une choucroute congelée si on veut vraiment pouvoir mettre en place une stratégie efficace.
- Mais en attendant, je suis à nouveau vierge de tout, ou presque, et surtout j'ai perdu le plus génial des sextoys dans nos précédentes aventures⃰.
- C'est vrai et je crois que tu n'es pas le seul à avoir perdu quelque chose. Herr.Ektor a perdu son pouvoir.
Les Vipères arrêtèrent de respirer le temps d'une bouffée de fumée et se tournèrent éberluées vers Herr.Ektor, le regard plein d'interrogations.
- Oui, elle a raison, enchaîna Herr.Ektor.
- Mon-Dieu-non-c'est-pas-possible, s'écrièrent une bonne partie des Vipères, l'autre étant incapable de parler, estomaquée par la nouvelle.
- Et pourtant si, dit doucement Herr.Ektor qui semblait effondré.
- Je cois que tout est lié. Nous en avons discuté longuement avec Cyprin cet aprem et après quelques lignes de vin blanc divinatoire, nous avons compris, intervint Sexysperma. Le dernier combat que nous avons mené a dû nous affecter, voire nous infecter, plus que nous le pensions. L'homoover qui disparaît, Asthik qui perd un sextoy génial et qui redevient vierge de partout, Herr.Ektor qui ne sent plus la drogue... c'est déjà trop et qui sait s'il n'a pas des altérations de ses pouvoirs. Nous devons absolument les tester pour le savoir et c'est pour cela que j'ai invité un max de figurants. Ils seront notre test ce soir.
- Super, intervint joyeusement Pantysoiler qui venait d'arriver. Ça fait longtemps que je n'ai pas fait mouiller de petites culottes, mise à part les miennes, c'est l'occasion !
- Mais avant de passer à l'action, je voudrais savoir quelque chose, demanda Asthik. Herr.Ektor, qu'est ce qui s'est passé ?
- Ben voilà, mon flair ne m'a pas vraiment quitté, mais il ne m'indique plus tout à fait les mêmes choses.
- Explique, demanda Asthik l'oreille attentive.
- En fait, il y a quelques soirs de cela, alors que je rentrais tranquillement d'une soirée fétichiste des pieds, mon flair m'a guidé vers une personne mystérieuse dans la rue. Mon septum m'indiquait la présence de C, alors je m'en suis approché. C'était un homme, mais je n'arrive pas à me souvenir de son visage. Il m'a alors proposé un gramme et j'ai accepté, faisant confiance en mon pouvoir. Le temps que j'examine le pochon, le mec avait disparu. Alors j'ai repris mon chemin en me disant que j'allais goûter ça chez moi en sécurité. Mais une fois à la maison, surprise ! En sniffant une grosse ligne, je m’aperçus que non seulement j'avais mal au nez mais surtout que ce n'était pas de la C mais des bonbons vichy écrasés.
- Oh sainte merde, s'écria Asthik, ça me rappelle quand on avait pas encore nos pouvoirs et que tu t'étais retrouvé avec de l'Efferalgan à la vitamine C, et la fois où...
- Oui, le coupa Herr.Ektor, c'est comme quand j'avais pas mon pouvoir et qu'on me disait : tu vois où te mènent tes addictions !
- C'est un coup dur, dit Cyprin mais il ne faut pas te laisser aller Herr.Ektor. On trouvera une solution.
- Moi j'en ai une, dit Firesperm.
Les Vipères se tournèrent alors vers lui, pendues à ses lèvres.
- Explique, répondit Herr.Ektor.
- Tu te souviens de la plante carnivore que tu m'avais offerte.
- Oui.
- Ben, elle est morte. Mais à la place ont poussé des champignons hallucinogènes. Je les ai précieusement conservés, attendant la bonne occasion pour les utiliser et il semblerait que l'occasion se présente à nous. Le don et le contre don.
- Je comprend pas, dit Asthik.
- Ben en sociologie, le don et le contre don...
- Non, ça j'ai compris, c'est très clair. Mais c'est plutôt ce que tu comptes faire qui me semble un peu flou.
- Ben, je vais organiser une cérémonie chamanique avec les champignons magiques et peut être que l'état de réalité altérée dans lequel se trouvera Herr.Ektor, lui permettra de trouver d'où provient le blocage de son pouvoir. Herr.Ektor te sens-tu prêt à vivre une expérience chamanique ?
- … Oui, répondit Herr.Ektor plein d'espoirs.
- Alors, on le fera ce soir quand l'heure sera venue, celle où la lune croisera vénus dans sa course et que l'univers ondulera de plaisir et d'amour, c'est à dire dans deux heures dix-sept minutes et vingt trois secondes. Pour cela il me faut l'énergie de plusieurs orgasmes à cette heure précise, pour avoir la puissance nécessaire à l'ouverture des portes de la perception.
- Alors les Vipères, nous savons ce qu'il nous reste à faire, dit Sexysperma, le sourire en coin. Que la fête batte son plein !

V.

Les Vipères rejoignirent la salle principales où les figurants invités essayaient de faire la fête mollement. Personne ne se fit prier pour utiliser ses pouvoirs sur les figurants, choisis au hasard pour leur beauté, doucement au début, juste pour faire durer le plaisir et attendre l'heure fatidique indiquée par Firesperm, puis tout donner. Le punch au MDMA commençait à faire son effet.
Cyprin lança un gentil petit bootyshake et les corps se mirent en mouvement instantanément. La piste de danse improvisée se remplit d'hommes et de femmes ensorcelés et les Vipères se glissèrent entre les corps chauds, se mêlèrent à foule, pour infiltrer la soirée de l'intérieure. Sexysperma dégaina sa palette de fards à paupières et en un mouvement, elle projeta un arc-en-ciel au dessus de la piste de danse. Il resta un moment en suspend, attirant l'attention des gens ébahis par tant de beauté. Puis, il retomba en une pluie de paillettes de toutes les couleurs, inondant la foule de reflets irisés. L'ambiance monta d'un degrés.
Un peu plus tard Athik cligna doucement son œil magnifiquement maquillé et les tensions se mirent à apparaître dans les pantalons. Les corps se rapprochaient, les mots n'avaient plus besoin d'être prononcés. Regards humides et force apparente, déhanchés en caresses d'ondes sensuelles, l'ambiance monta encore d'un degré.
C'est le moment que choisit Pantysoiler pour se concentrer un peu et faire apparaître une certaine humidité dans la toile tendue des jeans serrés.

Dans le même temps, à l'autre bout de la pièce, FraiseVinyl se sentait bien en dansant sensuellement, perchée sur des talons vernis de 15 cm. Ça faisait peu de temps qu'elle avait atterrit dans la ville, attirée par un chant cosmique qui lui avait fait quitter sa planète. Depuis son arrivée, elle avait senti que quelque chose la liait à toutes ces Vipères sans savoir pourquoi. Elle s'était toujours sentie bien depuis, mais ce soir là, elle se sentait plus que bien, comme si quelque chose allait se passer, comme si quelque chose allait se révéler.

Pendant ce temps Firesperm prit Herr.Ektor à part.
- Nous allons devoir nous isoler un peu.
- OK.
- Viens, allons dans la chambre d'à côté. Je l'ai préparée. Nous pourrons mieux nous concentrer.
Herr.Ektor suivit Firesperm. Ils pénétrèrent dans une pièce nue. Firesperm avait allumé des bougies et répandu des paillettes d'or au sol car elles accrochent mieux la lumière et reflètent mieux le son. Il disposa deux gros coussins au centre de la pièce, autour d'un cierge bleu. Il invita alors Herr.Ektor à s'assoir.
- Il faut que nous mangions les champignons en exacte proportions, en nous concentrant.
Firesperm donna sa part à Herr.Ektor et pris la sienne dans sa main gauche qu'il porta à sa bouche pour souffler doucement la fumée qu'il venait d’inhaler d'une cigarette de marijuana. Il passa le joint à Herr.Ektor qui exécuta les mêmes mouvements. Puis, face à face, un peu comme s'ils se regardaient dans un miroir, ils mangèrent un à un les champignons, mâchant bien pour en faire sortir toute la magie.
- Maintenant, ferme les yeux et écoute moi. Écoute mon chant, il te guidera.
Herr.Ektor ferma les yeux. Au début tout était noir, puis le chant de Firesperm commença à envahir la pièce et de l'ombre jaillit la lumière par petites pointes au début, puis par vagues de plus en plus intenses jusqu'à devenir des fractales psychédéliques dorées. Le son était lumière et la lumière était sensation tactiles. Des ondes de chaleur traversaient le corps d'Herr.Ektor. Ses spirales tatouées bougeaient sur sa peau, remuant le plus profond de son âme. Et le chant doux et enveloppant de Firesperm semblait le guider dans les méandres de son cerveau, illuminant son chemin.

Dans la pièce d'à côté, la fête battait son plein. L'heure approchait et les Vipères étaient rassurées d'avoir encore tous leurs pouvoirs. FraiseVinyl sentit une étrange sensation se développer en elle, des vibrations positives partaient de son corps et irradiaient de tous les pores de sa peau fraiche. Elle entrevit alors des formes féminines fantomatiques avec des têtes de lapin noires, apparaître dans la pièce et se tenir immobiles, stoïques ; ces mêmes formes qu'elles connaissaient bien pour les avoir déjà croisées sur la planète Sexua. Les radiations qui partaient de FraiseVinyl atteignirent les Vipères qui sentirent leurs pouvoirs se décupler, gonfler jusqu'à déborder puis exploser en puissante jouissance.

Rivière de foutre lac de cyprine, plus rien à foutre de la discipline.

C'était l'heure dite et Herr.Ektor tomba.

Herr.Ektor voulu ouvrir les yeux mais il s’aperçut qu'il n'en avait pas besoin. Firsperm était à ses côtés. Il se leva et lui fit signe de le suivre. Herr.Ektor suivit. Ils arrivèrent dans la rue où les attendaient leurs fidèles destriers et les enfourchèrent pour partir à la découverte de la ville. L'eau s'était retirée pour les laisser passer. Herr.Ektor n'avait pas l'impression de pédaler. Sa monture mécanique flottait au dessus du sol. Accompagné de Firesperm, il se dirigea près les rives du fleuve qui avait regagné son lit, guidé par un chemin invisible. Ils posèrent alors leurs montures contre un mur pour qu'elles reprennent des forces en broutant le bitume du trottoir, et s'approchèrent des arbres qui semblaient respirer. Dès qu'ils furent plus près, les arbres vibrèrent de plaisir.
- Nous y sommes, chantonna Firesperm. Maintenant, il faut que tu voies. Le gardien des deux mondes va venir te chercher.

Herr.Ektor regarda le paysage qui pétillait de vie. La lumière était liquide et coulait avec l'eau du fleuve sous les jambes d'un pont plus très neuf. Il vit alors sortir de l'ombre du pont un héron cendré, qui bougeait lentement. Il se mit à la lumière pour faire briller ses plumes d'argent. Son cou et sa tête se tendirent dans une direction, le tout ressemblait à une flèche métallique qui désignait les reflets dans l'eau du fleuve. En regardant l'eau, Herr.Ektor vit.

Des spirales se faisaient et se défaisaient dans les remous, entrainant le regard d'Herr.Ektor. Un monde de colonnes lumineuses et colorées apparaissait. C'était là qu'il fallait aller. Le héron-gardien-des-deux-mondes déploya ses ailes lentement pour laisser découvrir les plumes d'or étincelantes de son poitrail. Herr.Ektor y vit la confirmation de ce qu'il pensait. Il n'y avait pas de doute, c'était là qu'il devait aller. L'univers bascula de 180 ° et il se trouva face à un temple à l'architecture greco-indienne. Les colonnes de lumières entouraient une porte. Ride the snake, chantait le héron-gardien-des-deux-mondes, ride the snake. Il se transforma alors lentement et sensuellement en serpent d'argent grandissant, grandissant, s'enroulant et se déroulant en murmurant un langage qui ne peut se traduire par des mots. Il se lovait et faisait vibrer ses écailles en se rapprochant d'Herr.Ektor stupéfait par ce qu'il pouvait voir, mais en même temps serein et confiant en ce psychédélique reptile. Celui-ci invita Herr.Ektor à monter sur sa tête. Herr.Ektor monta et le serpent pris son envol vers le temple dont les portes s'ouvraient à son approche, laissant sortir des volutes de chaleur, d'odeurs et de couleurs...

VI.

Firesperm sortit de la chambre, et les Vipères humides, se précipitèrent vers lui.
- Alors ? demanda Asthik
- Il est partit dans un autre espace temps.
- On peut faire quelque chose ? s'enquit Sexysperma.
- Maintenant qu'il a passé les portes, on a plus rien à faire. Il faut le laisser faire son propre chemin. En tout cas, l'énergie que vous avez libérée a été largement suffisante.
- Oui, c'était génial ! Et en plus je crois que FraiseVinyl a trouvé son pouvoir.. dit Pantysoiler.
- Oui, repris FraiseVinyl, je ne sais pas ce qui s'est passé, ça reste un peu flou pour moi. Mais quand j'ai vu ces formes féminines aux têtes de lapin noires apparaître, je me suis dit qu'il se passait quelque chose d'important...
- Oui, on les a vu nous aussi, la coupa Pantysoiler. Mais qu'est ce que c'était ?
- Sur ma planète, ces chimères apparaissent à leur bon gré. Elles sont comme des protectrices, des gardiennes de l'énergie cosmique, des inspiratrices, des nymphes des arts et elles autorisent par leur présence la libération de l'énergie nécessaire à la création d'espace temps de jouissance artistique. Je ne savais pas qu'elles pouvaient apparaître ici, et encore moins que vous pourriez les voir. Mais en tout cas elles ont un rapport avec ce qui s'est passé. Et moi, je n'avais jamais ressentie de telles sensations.
- C'était dingue... ajouta Cyprin. C'est comme si toute l'énergie inerte de la pièce était aspirée par ton corps, puis en surgissait pour nous pénétrer...
- FraiseVinyl, dit Pantysoiler, tu es un catalyseur de soirée. C'est ça ton pouvoir.
- Tu crois, demanda timidement FraiseVinyl.
- C'est sûr. Crois moi, répondit Pantysoiler.
- En tout cas, moi j'aime bien que tu nous catalyses, ajouta Asthik.
Toutes les Vipères étaient d'accord. Toutes avaient vraiment aimé se faire catalyser par FraiseVinyl.
- Bon, maintenant, on sait que nos pouvoirs fonctionnent et que l'on peut compter sur une Vipère de plus. Nous sommes prêts, affirma Sexysperma.
- Et Herr.Ektor alors ? Qu'est ce qu'on fait pour lui, demanda Cyprin.
- Il faut attendre que la bougie s'éteigne d'elle-même et là, Herr.Ektor reviendra, dit Firesperm. En attendant, il ne resterait pas un peu d'alcool et de drogue pour moi ?
- Ben, je crois qu'il reste pas mal de chose alors autant tout finir. ça passera le temps et en même temps ça permettra de fêter l'intronisation officielle de FraiseVinyl, déclara Sexysperma.
- Ça c'est une bonne idée, acquiescèrent toutes les Vipères.
La fête reprit à coup de lignes et d'ecstasy, de danses sensuelles et de verres qui ne se vident jamais. Tout le monde était excité comme des petites putes.

A une certaine heure de la nuit, ou plutôt de la matinée, Herr.Ektor sortit de la chambre. La plupart des gens, c'est à dire les figurants, était rentrée chez eux ou dormait en boule dans un coin, exténués par les acrobaties sexuelles de cette nuit endiablée. Il restait tout de même les Vipères, fidèles au poste. Certaines s'était endormies, faut dire que beaucoup d'énergie avait été dépensée, mais Firesperm était là pour accueillir Herr.Ektor avec un sourire bienveillant.
- Merci Firesperm de m'avoir permis de voir.
- C'est normal, je me devais de faire ce qu'il se doit.
- Mais... je ne suis pas sûr d'avoir retrouvé mes pouvoirs.
- Ne t'inquiètes pas, il te faut te reposer avant de savoir si ton voyage a été fructueux. Mais je voudrais savoir quelle forme a pris le gardien des deux mondes ?
- C'était un héron au début puis il s'est transformé en serpent argenté géant. Il m'a demandé de le chevaucher, ce que j'ai fait et il m'a emmené dans un lieu éthéré où...

Herr.Ektor laissa sa phrase en l'air au milieu de la conversation. Il était pris par des souvenirs de son enfance. Des souvenir déterrés par son expérience mystique. Des souvenirs qui lui permettaient de comprendre tant de choses...

L'enfance d'Herr.Ektor.

Tout commença un dimanche après midi ensoleillé. Herr.Ektor accompagnait ses parents au traditionnel match de foot dominical mais il se fichait pas mal de se qui se passait sur le terrain, il trouvait bien plus intéressant de se promener dans l'herbe, sous les marronniers, pour examiner les plantes et les insectes et laisser le soleil réchauffé sa peau d'enfant rêveur.
Tandis que Herr.Ektor découvrait que les coccinelles avaient une vie amoureuse, un match se jouait serré à ses côtés. Un joueur au pied bot, qui n'était d'autre que le fils de l'entraîneur-maire-et-seul-commerçant-du-village, tapa de toutes ses forces de façon maladroite dans le ballon. Celui-ci, un moment exempt des lois de l'attraction, virevolta en l'air puis retomba tout droit et de tout son poids sur la face rêveuse de l'enfant candide.
Choc mat du cuir tendu sur de la peau tendre.
Herr.Ektor vit des spirales apparaître à la place des coccinelles. Elles s'enroulaient et se déroulaient de façon hypnotique envahissant son champ de vision. De son nez coula alors le sang rouge de son enfance. Des larmes jaillirent de ses paupières. Elles entrainèrent les spirales et rendirent sa vue coulante. Le liquide lacrymal salé se mêla à son sang au goût de fer et de cuir. Des chaussettes rouges vinrent reprendre le ballon.

Son cerveau enregistra un tas d'informations, un peu n'importe comment à cause du choc.

Plus rien ne fût jamais pareille à partir de cet instant.

Herr.Ektor se mit à courir derrières les camions pour renifler l'odeur enivrante du gasoil, les effluves d'essence et de pots d'échappement qui lui faisaient oublier que le sang avait couler par son nez. Il avait décidé que plus rien n'y entrerait sans son accord et sans que cela ne lui fasse du bien. Au collège, il tenta le sucre en poudre mais arrêta au premier essai. Il était pris de frénésie quand, en hiver, il devait suivre les lignes tracées dans la neige sur les pistes de ski de fond, et personne ne comprenait pourquoi.
Tous ces comportements passèrent inaperçus mais ils le conduiraient tout droit vers un fort penchant pour les substances amenant à l'ivresse et plus tard, une tendance à fétichiser les chaussettes rouges, les jambes musclées des hommes en short et les accessoires en cuir...

- Le reste t'appartient, le coupa Firesperm. Le serpent qui t'a amené n'était autre que le serpent cosmique, celui là même qui guide l'énergie de l'univers. Il sera désormais ton allié et ton totem. C'est un très bon présage.
- Et que s'est il passé ici pendant mon voyage ? demanda Herr.Ektor en reprenant ses esprits.
- On va te raconter, sur le chemin du retour, intervint Sexysperma. Il faut qu'on bouge de ce lieu avant que le soleil se lève. Heureuse de te voir revenu parmi nous Herr.Ektor.
Tout le monde s'approcha pour faire un câlin collectif.

VII.

En bas de l'immeuble, Sexysperma se mit rire d'un rire étrange qui résonna dans la rue déserte.

- Mais qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu ris d'un rire étrange? demanda Cyprin.
- Je ne ris pas d'un rire étrange, je parle dauphin.
- Ah oui ? Et tu parles dauphin depuis quand ?
- Depuis toujours... je crois... et c'est bien pratique pour appeler les dauphins qui vivent dans les rue immergées.
En effet, des dauphins colorés arrivaient en piaillant et s'approchèrent au plus près du bord.
- C'est pratique, ça remplace les barques-taxi qui sont plus lentes et caractérielles... pis ça a un côté sympa de se déplacer en ville sur le dos d'un dauphin.
- Tu m'étonnes, dit Asthik, les yeux écarquillés. C'est dingue !
- Et comment on fait maintenant ? Demanda Cyprin.
- Hiii hihi jijijihiij clakclakkji, répondit Sexysperma.
Les dauphins se mirent à rire en tournant sur eux-mêmes.
- Qu'est ce que tu as dit là ?
- Oh rien, j'ai fait une blague en dauphin, c'est pour ça qu'ils rigolent. Comme ça tu vois la différence entre rire et parler dauphin.
- Ben oui maintenant, on voit.
- Allez, je vais leurs demander de nous ramener chacun chez nous.
Sexysperma s'exprima alors encore une fois en dauphin mais cette fois-ci un dialogue particulièrement long s'installa. Les dauphins étaient agités en émettant des petits cris stridents et Sexysperma était complétement absorbée par sa conversation. Au bout de quelques minutes, l'échange de cris super aigus s’arrêta.
- Bon, les dauphins sont d'accord pour nous ramener mais ils veulent absolument nous montrer quelque chose avant.
- Mais quoi donc ? s'enquirent les Vipères qui avaient suivi la conversation sans rien comprendre.
- Je ne sais pas, ils m'ont parlé d'une scène étrange à laquelle ils ont assisté. Une histoire d'ombre sortant de l'ombre, de mamelles titanesques et d'un homme mort.
- Quoi ? Des mamelles titanesques ? s'écria Pantysoiler.
- Oui, j'ai pas bien compris ce passage car le mot qu'ils ont employé peut vouloir dire aussi banc de morue. Vue leur excitation, c'est dur de comprendre ce qu'ils disent, mais je pense que ma traduction est fiable à 80%.
- Bon, ne trainons pas trop longtemps ici, intervint Herr.Ektor. Montons sur les dauphins qu'on aille voir ce qu'ils veulent nous montrer.
Sexysperma monta sur le dos du dauphin doré aux yeux couleur rubis, Herr.Ektor sur le noir aux yeux verts, Asthik sur le rose fluo aux yeux mauves, Pantysoiler sur le blanc à pois rouge et yeux bleus, Firesperm sur le bleu cobalt aux yeux jaunes, Cyprin sur le vert pomme aux yeux rouges... et c'est en formation arc-en-ciel que les Vipères fendirent l'eau des rues vers un lieu que seuls les dauphins connaissaient.
Arrivée à destination, les Vipères descendirent de leurs montures respectives pour fouler les pavés de la rue. Elles repérèrent très vite un corps étendu au sol devant un porche. Elles se précipitèrent vers la forme inanimée et s’agenouillèrent autour d'elle.
- Merde ! Ce mec est mort, annonça Sexysperma.

Quelqu'un poussa un petit cri aigu et ce n'était pas un dauphin.

VIII.

Autour du cadavre, les Vipères restèrent un moment interdites. Elles examinèrent ensuite le corps et son entourage avec attention à la recherche d'indices.
- Il faut qu'on prélève des échantillons avant que la police arrive et garde toutes les informations pour elle.
- Oui, mais quoi comme échantillons ? demanda Cyprin.
- Ben ché pas moi, des cheveux, de la salive, du liquide qui s'écoule de sa braguette par exemple...
- Pour ça, je crois que c'est pas la peine, le mec s'est éjaculé dessus, c'est tout... pis on est pas les experts de T.F.Oune.
- Oui, c'est vrai mais je me disais qu'on pouvait envoyer des échantillons à Séliba.
- Mais dans quoi on va les mettre.
- Tiens on a qu'à les mettre là dedans. Pantysoiler tendit un pilulier qu'elle vida dans la poubelle la plus proche. Aussitôt des lys blancs germèrent au contact des détritus et fleurirent dans la minute.
- Wouaou ! Je sais pas ce que tu prends comme pilules mais elles donnent de jolies fleurs, dit Cyprin.
- C'est mes pilules contraceptives.
- Ah, et t'as des lys qui te poussent dans le ventre quand tu les prends ?
- Pff, racontes pas n'importe quoi. T'y connais rien.
- Les amis j'aimerais qu'on se concentre un peu sur ce cadavre, intervint Sexysperma.
- Ahhhhh ! Un cadavre ! cria Pantysoiler.
- Chhhut, mais qu'est ce qui t'arrive, c'est ce qu'on examine depuis tout à l'heure Panty.
- Oui mais c'est juste que j'avais pas réalisé et que personne n'avait encore prononcé ce mot...
- Bon, on doit prendre des échantillons et des photos et déguerpir vite fait, ajouta Sexysperma qui décida d'oublier l'intervention de Panty. Cette scène ne me met pas à l'aise et je peux sentir l'empreinte du MDC. Je suis sûre qu'il a quelque chose à voir avec tout ça.
- MDC ?
- Ben, le Méchant Démon Criz.
- Ah le MDC, reprirent en cœur les Vipères.

Les Vipères s'activèrent pour prendre des photos et des échantillons. Au loin, déjà le chant pas très mélodieux d'une sirène se faisait entendre. Pendant la saison des pluies, les sirènes se faisaient un peu de fric en servant d'alarme pour les barques de la police qui avait peur de faire marcher des instruments électriques au dessus de l'eau (les policiers ne voulaient pas finir électrocutés comme un vulgaire chanteur de variété). Les sirènes étaient donc payées par la municipalité pour aider la police à se faire entendre lorsque la ville était inondée, mais comme elles étaient mal payées, elles chantaient faux. 

- Vite reprenons nos dauphins, cria Sexysperma, je ne supporte pas les fausses notes des sirènes à cause de mon oreille absolue.
Ceux-ci étaient déjà en position, prêt à se faire chevaucher. Ni une, ni deux, ni trois, les Vipères étaient sur le dos étroit des mammifères marins. Ils démarrèrent rapidement et prirent directement une petite ruelle sur la droite. La police arriva sur le lieu du crime à l'instant où les Vipères furent hors de portée visuelle.

Sur le trajet Sexysperma invita tout le monde à faire un pause avant que chacun rentre chez lui. Les dauphins s'étaient mis en cercle, dans l'eau saumâtre d'un carrefour submergé, pour que les Vipères puissent se faire face.
- Les amis, je crois que c'était un coup monté.
- Tu crois ? S'enquit Herr.Ektor.
- Monté combien ? demanda Asthik.
- Un coup monté et pas de la façon que tu préfères Asthik. Je trouve ça étrange que la police soit arrivée si tôt et il s'en est fallu vraiment de peu pour qu'on ne soit vu sur une scène de crime.
Les Vipères acquiescèrent.
- Voilà ce que nous allons faire : il ne faut plus qu'on s'occupe de scène de crime pendant un moment. Nous allons laisser la police faire son travail et nous nous informerons de l'enquête grâce à nos sympathisants infiltrés dans la plupart des institutions. On verra l'évolution des choses de loin... En attendant, allons dormir, nous nous retrouverons rapidement pour faire un point sur tout ça.
Les dauphins prirent chacun des rues différentes pour ramener les Vipères dans leurs nids douillets.

IX.

Las Vulvas – États du nid

Enfin, elle avait retrouvé sa trace. Elle en était sûre, c'était bien elle, elle reconnaissait sa signature. Cela faisait des mois qu'elle épluchait les journaux du monde entier à la recherche d'un signe qui pourrait la mettre sur la voie de l’Étouffeuse de Boston et là, au détour d'une page web quelconque, elle était tombée sur un lien vers un blog mystérieux. Dans ce blog, elle avait lu un petit article concernant d'étranges faits divers qui se déroulaient dans une ville sur un autre continent, et un appel au secours qui concernait une sombre affaire de meurtre en série par étouffement, non élucidés. Elle avait calculé que les meurtres se déroulaient toujours les soirs de lune noire, quand les ombres se mélangent et que les chantres chantent leurs tristes mélopées dans l'espoir de trouver l'amour dans le noir. Il fallait qu'elle se rende là-bas, à Notwin Pinktown car elle savait comment résoudre le mystère et prendre l'air lui ferait le plus grand bien. Son cœur lui soufflait qu'elle allait y faire de jolies rencontres et il ne lui avait jamais menti alors pourquoi se priver d'un voyage. En deux temps trois mouvements, elle avait réuni dans sa valise quelques affaires indispensables à tout voyage : sa paire de talons compensés préférés, un double gode ceinture, son bikini doré, un peu de peinture, quelques habits classiques pour passer inaperçu (la discrétion pouvait se révéler utile), King Kong Théorie de Virginie Despentes, un peu de maquillage et quelques autres accessoires...

Grâce à son réseau étendu, elle avait réussi à décrocher une place dans un avion qui partait le soir même pour arriver à destination quelques heures plus tard, à Notwin Pinktown. Elle s'habilla dans le style début 60, une petite robe serrée et un chemisier sage et des talons vernis compensés noirs.
Arrivée à l'aéroport, elle prit une petite pilule bleue qui lui permettrait de dormir tranquillement le temps du trajet.

Elle passa son sac au rayon X et comme d'habitude, l'agent de sécurité lui demanda de l'accompagner dans une pièce à part pour qu'elle explique la présence d'objets insolites dans ses bagages. Elle savait ce qu'elle avait à faire dans ces cas là. Elle suivit l'agent d'un pas assuré en n'oubliant pas de le mater discrètement de la tête aux pieds. L'agent devait avoir la trentaine, il était rasé de près et avait un visage carré mais non dépourvu de charme. Son uniforme moulait ses formes et laissait deviner une musculature présente. Il avait un petit derrière légèrement rebondi et devant aussi.
- Mademoiselle, je vous ai demandé de m'accompagner car nous avons relevé, lors du passage aux rayons x, la présence d'objets insolites dans votre sac.
- Oui, je comprends monsieur.
- Alors ?
- Alors quoi ? Il n'y a pas de quoi fouetter un cardinal. Ce ne sont que des godes et autres instruments de plaisirs. Il n'y a vraiment pas de quoi s'inquiéter, je ne fais aucun mal avec ça... que du bien.
- C'est que... je ne sais pas si cela est bien règlementaire pour un vol long courrier, ajouta l'agent de sécurité, visiblement troublé, en agitant un gode devant le nez de la demoiselle. Vous pourriez vous en servir pour blesser quelqu'un et surtout ce genre d'objet voyage normalement en soute.
- Je vous assure que cela ne peut blesser personne, à moins d'oublier le lubrifiant qui va avec, rétorqua la demoiselle avec un air salace... et surtout, je ne peux pas les mettre dans la soute car ils peuvent toujours servir.
Elle se servit de son regard coquin, à utiliser en cas d'urgence, pour mettre l'agent sous son charme, et elle pouvait voir que les pupilles de celui-ci s'étaient légèrement agrandies, signe d'un désir qui pointait le bout de son nez.
- C'est que je ne comprends pas bien à quoi cela peu servir, ajouta l'agent qui se sentait de plus en plus charmé.
- Je peux vous faire une démonstration, proposa la jeune femme en saisissant l'objet du délit à pleine main, mais il va falloir que vous vous déshabilliez.
- Bien, bien mademoiselle...
L'agent obtempéra, il retira sa veste et sa chemise, il avait un torse musclé, juste ce qu'il faut, et légèrement velu, sa respiration s'était accélérée et il déboutonna en tremblant un peu, son pantalon qu'il laissa glisser au sol. Il ne portait pas de sous vêtements et il était bien doté en dessous de la ceinture, son désir était présent dans toute sa splendeur dressé vers le ciel. Je suis bien tombée, se dit la jeune fille, je pense que je vais bien m'amuser avec lui.
- Si vous voulez que tout soit parfait, il faut que je vous bande les yeux et que je vous bâillonne, murmura la jeune femme à l'oreille de l'agent qui était complétement dirigé par ses pulsions.
- Faites, murmura-t-il dans un soupir.
Ainsi, il se fit bâillonner et bander les yeux et s'abandonna avec le plus grand consentement aux caresses exquises de la jeune femme, qui préparait avec douceur l'entrée en scène de son plus bel instrument...

Quelques dizaines de minutes plus tard, la jeune femme prenait place dans l'avion, ce qui venait de se passer avec l'agent de sécurité, lui avait fait du bien. Elle aimait plus que tout initier les mâles représentants de l'ordre aux plaisirs anales, c'était une sorte de revanche sur son passé. La pilule bleue commença à faire son effet et elle se laissa sombrer dans les bras musclés et tendres du doux Morphée pour rêver.

X.

Le temps passait et les victimes s'accumulaient à la morgue de Notwin Pinktown. Les Vipères, malgré leurs réunions alcoolisées, n'avait pas à trouver d'explications aux meurtres, et la police n'en parlons pas (nous n'en parlerons donc pas). Elles avaient émis de folles hypothèses comme celle du pingouin-tueur-suceur-de-bite, qui était chère à Asthik, mais aucune ne tenaient réellement debout. Elles avaient même lancer un appel sur leur blog merveilleux, mais celui-ci était resté sans réponse.

Séliba avait en parallèle analysé les photos et les échantillons que ses amis avaient récupérés sur la première scène de crime. De retour à Notwin Pinktown, il vint délivrer les résultats de ses analyses aux Vipères toutes réunies pour l'occasion, apprêtées de leurs plus beaux atours, autour des bouteilles qu'ils avaient eu gratos dans un bar pour les remercier d'avoir mis une ambiance du tonnerre par leur simple présence.
- Les amis, vous m'avez fait parvenir quelques photos et quelques échantillons que je me suis tué à analyser entre deux rapports sexuels consentis.
-Et qu'est ce que ça a donné, s'enquit Sexysperma.
- Ben, de bonnes bifles, des éjaculations faciales et...
- Non, je parlais des analyses.
- Ah, je croyais que tu voulais du crousti sur mes exploits sexuels de ces derniers mois.
- Ne le prends pas mal, mais je m'en fiche un peu, rétorqua Sexysperma, ce qui vexa légèrement Séliba
- Moi je veux bien que tu me racontes, intervint Asthik qui était toujours prêt à prêter une oreille attentive aux récits intimes de ses amis.
- Tu lui raconteras plus tard, pour l'instant le plus important ce sont les résultats des analyses, dit Sexysperma avec vigueur et un peu d'agacement.
- Hou la la mais c'est que t'es tendue comme un string en peau de pute toi, rétorqua Séliba qui avait retrouvé le sourire grâce à l'intervention d'Asthik. Tu es bien nerveuse.
- Oui je suis nerveuse à cause de tout ces cadavres qui s'accumulent à la morgue sans que l'on puisse faire quoi que ce soit...
- Tu es sûre que c'est les cadavres qui te rendent nerveuse ? Tu ne serais pas plutôt en manque de sexe ? la questionna Cyprin, qui se disait que c'était le bon moment pour essayer de savoir ce que Sexysperma lui cachait.
- Non tout va bien de ce côté là, merci Cyprin. Mais là n'est pas le sujet.
- Oui c'est vrai, répondit Cyprin qui se disait que Sexysperma était vraiment habile pour détourner les conversations quand elles devenaient gênantes.
- Bon alors, tout le monde veut savoir les résultats des analyses ou quelqu'un veut encore nous parler des ses ébats sexuels ?
- Ben moi je vous aurais bien raconter ce qui m'est arrivée dernièrement, répliqua Pantysoiler mais devant le regard noir que lui lançait Sexysperma, elle ajouta presque en marmonnant : mais je crois que ce n'est pas le moment.
- Tu viendras me raconter tout ça chouchoune, chuchota Asthik à l'oreille de Pantysoiler.
- On t'écoute Séliba, relança Sexysperma.
- Alors, puisque je ne suis là que pour délivrer les données des analyses qui m'ont pris un temps fou entre deux coïts dont Sexysperma ne veut pas entendre parler, je vais m'exécuter, rétorqua Séliba avec un petit sourire en coin, puis il enchaina, voici mes conclusions :
1 Le liquide qui s'écoulait de la braguette du mort était bien du sperme et il ne véhiculait aucune IST.
2 Vu la position du corps, l'homme est mort debout mais à moitié courbé.
3 J'ai relevé dans les échantillons, des traces de vinyle rouge, celui qui est utilisé pour fabriquer les tenues fétichistes.
4 Un long cheveu blond, d'environ 60cm a été prélevé sur la scène du crime, il était tellement décoloré que je n'ai pu relever aucune trace d'ADN dans celui-ci et il a pris feu quand je l'ai exposé à la lumière du jour.
Voilà tout ce que j'ai pu tirer des échantillons.
- OMG ! C'est un pingouin-blond-tueur-suceur-de-bite-en-combinaison-de-vinyle-rouge, intervint Asthik, je vous l'avais bien dit !
- Mais non, les pingouins n'ont pas de cheveux Asthik, répondit Sexysperma sur un ton las. Pis ils ne portent pas de combi de vinyle rouge.
- Qu'est ce que t'en sais, madame la spécialiste des mammifères marins ? Il peuvent très bien porter des perruques et des combis de vinyle rouge, on n'en sait rien ! Ils vivent dans des endroits où on ne voudrait jamais aller. D'ailleurs, le sel marin a très bien pu décolorer leurs perruques au point de les rendre incandescentes ce qui expliquerait pourquoi les pingouins sont toujours dans l'eau salée. De plus ils peuvent très bien enlever leurs combis de vinyle et leurs perruques les rares fois où ils sortent de l'eau pour se faire filmer par des scientifiques en mal d'aventure qui n'ont que ça à faire de leurs vies.
- Asthik, je crois que Sexysperma a raison, nous faisons fausse route avec ton hypothèse, dit Cyprin. Nous devons réfléchir à autre chose mais malheureusement les analyses ne nous aident pas beaucoup.
- Oui reprit Sexysperma. Il nous faut trouver une autre victime ou plutôt éviter qu'il y en ait une nouvelle. Je pense qu'il est temps que nous mettions en scène un leurre pour attirer le meurtrier et le piéger.
- Très bonne idée Sexysperma, lança Pantysoiler, mais qui va jouer le rôle du leurre ?
- En tout cas pas moi, dis Asthik dans sa barbe, je veux pas finir comme toutes ces personnes tuées par un pingouin-tueur-suceur-de-bite-en-combi-de-vinyle-rouge-avec-une-perruque-blonde-décolorée-inflammable.
- Les Vipères se regardaient mais personne n'avait réellement envie de se faire passer pour une victime dans les rues sombres de Notwin Pinktown. Après quelques secondes de silence, Sexysperma prit la parole par la main afin de rompre le silence pesant.
- Il faudrait que ce soit un homme, car le tueur ne tue que des hommes.
Silence. Les garçons, Asthik, Herr.Ektor, Séliba, Cyprin et Firesperm, sifflotaient en regardant le plafond ou le plancher, faisant mine de ne rien entendre.
- Bon... devant tant d'enthousiasme et de courage, je vous propose de prendre un simple figurant au hasard et de s'en servir comme leurre, soumit Sexysperma à ses amis.
- Ça c'est une super idée, dit Asthik dont on pouvait sentir le soulagement dans la voix. Je me serais bien proposé mais tu sais que j'ai horreur des oiseaux qui portent une perruque et puis je suis allergique. Alors, je pourrais hypnotiser un figurant grâce à mon parfum ensorceleur pour qu'il fasse ce qu'on veut.
- Ça me va, dit Sexysperma.
- Nous aussi ça nous va, dit Herr.Ektor en parlant pour les autres.
- Je me charge de trouver un figurant, ajouta Asthik avec empressement. Tiens, ben justement il y en a un là qui est pas mal.
Aussitôt dit, Asthik se dirigeait déjà vers un grand blond qui semblait bien fait de sa personne. Arrivé à ses côtés, il lui susurra : « Viens voir papa mon joli », tout en l'entrainant dans un recoin sombre. Bien que guérit de l'infection qui avait fait de lui un Gay Garou, Asthik avait gardé des comportements de prédateurs, surtout auprès de grands mecs blonds musclés, allez savoir pourquoi.
- Je crois que pour le figurant qui servira de leurre c'est bon, déclara Sexysperma. Il nous reste plus qu'à mettre au point la suite de notre plan.

Le plan consistait en ceci : le figurant prit au hasard devait se promener de façon nonchalante dans les rues de Notwin Pinktown alors que les Vipères le surveillaient. Il était pour cela sous l'emprise d'Asthik qui l'avait hypnotisé grâce à son parfum et qui le dirigeait comme une marionnette. Les Vipères savaient qu'il attirerait le meurtrier car depuis la multiplication des meurtres, les hommes de la ville ne se promenaient que rarement seuls dans les rues la nuit. Ils ne sortaient plus ou alors seulement accompagnés d'un bon nombre de fille. C'était donc une proie de choix. Quand le meurtrier se présenterait, les Vipères comptaient improviser en combinant leurs super pouvoirs.

XI

Dans les rues humides de Notwin Pinktown, trainait un jeune homme blond bien fait de sa personne. Il déambulait nonchalamment sur les pavés glissants, l'air peu inquiet voire même un peu benêt. Il était habillé d'un jean noir serré qui le moulait de partout et d'un t-shirt saillant. Un peu plus loin derrière lui, des ombres bougeaient, c'était les Vipères vêtues de noir, qui se déplaçaient très rapidement pour se cacher dans l'ombre du mobilier urbain, un réverbère ou une bite en fer faisaient l'affaire. Elles s'étaient équipées de petits micros qui étaient attachés à leurs oreilles, comme ceux qu'utilise Brithenay lors de ses concerts, pour pouvoir communiquer sans se faire repérer. Il faisait bon cette nuit là. Il avait arrêter de pleuvoir sur Notwin Pinktown depuis quelques jours et la saison de la décrue s'annonçait. L'humidité serait encore beaucoup présente dans les semaines à venir mais le centre de la ville se dessècherait progressivement tuant les mycoses qui l'assaillaient pour laisser la place aux pigeons carnivores qui avaient résisté à la saison des pluies.

Le jeune homme marchait donc tranquillement en se trémoussant légèrement quand sa main se mit à glisser le long de son pantalon.
- Mais, il est en train de se toucher, chuchota Sexysperma qui était cachée derrière une poubelle.
- Je crois qu'il se branle en marchant, chuchota à son tour Herr.Ektor qui était caché derrière le réverbère à côté de la poubelle.
- Asthik arrête ça tout de suite, ordonna, à voix basse, Sexysperma à Asthik.
Celui-ci était caché derrière une bite en fer, comme par hasard, et ne semblait pas entendre la voix de sa complice. Il semblait même hypnotisé par le spectacle du jeune homme en chaleur.
- Je crois qu'il ne t'entend pas, souffla Herr.Ektor.
- Je vais devoir y aller. Herr.Ektor couvre mes arrières ! On ne sait jamais, murmura Sexysperma.
- Comment veux-tu que je te couvre le derrière ?
- Non, mes arrières.
- Ah, OK, pour ça pas de problème.
En un bon aussi prompt que celui d'un chat en pleine chasse, Sexysperma, se trouva juste derrière Asthik.
- Asthik, fais le arrêter !
- Pourquoi ? C'est quand même pas tous les jours qu'un beau mec nous offre un show pareille en pleine rue.
- Oui d'accord mais tu crois pas que ça va faire échouer notre plan.
- Non pas du tout, au contraire, je pense que cela ne peut le faire que réussir. Je suis sûr que l'énergie sexuelle qu'il dégage va attirer notre meurtrier.
- Bon ok, On fait un essai, mais si dans 15 min, il ne se passe rien tu lui commandes de remettre son t-shirt et de remballer le tout. Je ne voudrais pas que cela attire la police.
Le jeune homme était en effet maintenant torse nu, la braguette entrouverte. Il avait cessé de marcher et s'était appuyé dos à un réverbère. Ses mains parcouraient son torse musclé, caressant avec application ses formes et glissaient assez souvent sur son entrejambe. Il affichait une expression de plaisir non dissimulé en se palpant langoureusement. Les tétons pointés et le jean bombé, il se laissait aller dans la rue humide et peu éclairée.

Au fond de la rue, une silhouette apparue.

Interlude

Il est dit à un moment dans cette histoire que Sexysperma fit « un bon aussi prompt que celui d'un chat ». Je tiens à revenir sur cette expression qui me paraît complétement galvaudé et rétablir la vérité. En effet, Sexysperma ne peut bondir comme un chat puisqu'elle est humaine, ou mi-dauphin mi-humaine, je ne sais plus trop et cela n'a pas vraiment d'importance. Étant donc humaine, ou quelque chose s'en rapprochant, elle ne peut avoir une agilité aussi bonne que celle d'un chat, puisque moi même étant un chat et par là même occasion Dieu et donc à l'origine de tout, je peux affirmer qu'elle ne bondit point comme un félin mais simplement un peu mieux que la plupart des humains balourds qui ne savent pas utiliser leurs corps de façon intelligente. Témoin de la scène, je peux vous dire qu'avec mes yeux de chats qui me permettent de voir une quantité d'images à la seconde nettement supérieure à celle d'un humain, que le spectacle était tout autre. J'ai vu une espèce de forme sauter en agitant les bras mollement, comme si cela servait à quelque chose, et retomber de façon malhabile derrière un élément du décor. Mais les humains n'y voient rien, trop limités par leurs sens étriqués. De toute manière, ils sont mes jouets, ils ne savent pas que je suis toujours près d'eux et que je les fait agir à ma guise quand j'en ai besoin, et il vaut mieux qu'ils restent dans une ignorance de tout cela, ignorance que j'ai crée en manipulant leurs psychés pour qu'ils me voient comme un « simple » chat. Pas facile de manipuler leur inconscient qui me voit tel que je suis, par contre j'ai pu leur façonner un surmoi à ma mesure. Ainsi, ils acceptent leur condition sans s'en rendre compte, se satisfaisant d'une vision altérée qu'ils s'accordent à définir comme la réalité voire la fatalité. Voilà la vérité !

XII.

Les Vipères avaient toutes repérées, la femme qui arrivait au fond de la rue. Elles attendaient le bon moment pour sortir de leur cachette et la prendre par surprise.

Petit à petit, la silhouette se précisait, il n'y avait aucun doute sur le fait que ce fut une femme qui avançait d'un pas assuré et sexy. Les Vipères pouvaient maintenant distinguer ses jambes longilignes gainées de résille que des talons aiguilles terminaient sensuellement. Elle portait un mini short bleu marine avec des menottes dorées qui cliquetaient à chaque pas, accrochées à droite de sa ceinture qui se terminait par une énorme boucle chromée. À gauche, elle avait accroché ce qui semblait être une matraque, elle aussi dorée. Sa tête était couronnée d'une casquette sombre, des lunettes noires couvraient ses yeux. Ses cheveux de jais brillants retombaient sur ses épaules couvertes d'une petite chemise sans manche, entrouverte sur un décolleté pigeonnant.
- Putain c'est une policière sexy, murmura Sexysperma.
- Avec un sacré sexappeal, ajouta Herr.Ektor.
- Je crois qu'elle me fait mouiller devant derrière, susurra FraiseVinyl complétement excitée.
La policière super sexy, s'approchait du jeune homme qui redoublait d'activité en la matant s'avancer vers lui.
- Qu'est ce qu'on fait Sexy? demanda Asthik.
- On attend un peu, de voir ce qu'elle va faire et si on sent qu'elle veut faire foirer notre plan alors on sort de derrières nos poubelles et bites en fer pour la neutraliser.
- Ok, murmurèrent les Vipères.
La policière sexy était maintenant très proche du jeune homme, très très proche. Elles dégaina sa matraque dorée sur laquelle se reflétait la lumière des réverbères. Et le jeune homme s'activait encore un peu plus. Sa matraque n'était pas conventionnelle, c'était en fait un gode Giga +. Elle le fit glisser sur la joue du jeune homme envouté, caressant avec sensualité sa peau imberbe en se rapprochant de ses lèvres entrouvertes. Et le jeune redoubla encore d'activité. Elle planta son regard dans celui du bellâtre qui semblait se perdre dans les limbes. Le gode caressait sa bouche, l'ouvrit un peu plus, puis la pénétra pour jouer avec sa langue, tandis que la policière lui tenait la tête fermement, la main crispée dans ses cheveux, l'obligeant ainsi à engloutir sa matraque en un va et viens langoureux. Le jeune homme gémit la bouche pleine, ses muscles se bandèrent, ses jambes flageolaient, puis il se crispa en un spasme, s'abandonnant à la jouissance.
La policière rit.
- Sortez de vos cachettes, je sais que vous êtes là ! dit la policière d'un ton ferme.
Les Vipères bondirent hors de leurs cachettes respectives et se mirent immédiatement en position d'attaque. Au milieu de la rue, se dressait un tableau digne d'un Western. Le groupe des Vipères, vêtues de noir, faisait face à une policière flanquée d'un jeune homme à moitié nu qui venait de jouir. Comme des ombres immobiles dans la rue enuisée, les Vipères étaient prêtes à affronter une représentante de l'ordre. Dans cette rue, cette nuit là, le silence se fit entendre lourdement et le vent souffla une petite boule de papier hygiénique rose qui roula entre les protagoniste de la scène, sur les pavés humides aux reflets orangés. Dans cette rue où s'engouffraient autrefois les rires sous les porches la nuit, quand les lampadaires, fleurs soleil de l'asphalte, saturaient la rue, au temps où la nuit, la rue était fête de mains liées de doigts secrets, un combat s'annonçait.
- Qui es-tu ? demanda avec vigueur Sexysperma, ce qui brisa le silence comme un verre de whisky dans un bar à Jazz enfumé.
- Mon nom est Girl. Splosh Girl.
Et son nom dégoulina sur les murs des immeubles alentours comme une giclées de sperme.
- Hummm, ça me plait ça, gémit FraiseVinyl.
- Je ne suis pas vraiment policière.
- Ah je me disais aussi que j'avais l'impression de rêver, murmura FraiseVinyl.
- Je suis venue spécialement de Las Vulvas - États du Nid pour vous aider. Vous devez être les Vipères ?
- Oui, intervint Sexysperma qui la tenait en joue avec sa palette de fard à paupière. Comment le sais tu ?
- J'ai lu votre blog et quand j'ai vu votre appel, suite aux meurtres non élucidés, j'ai sauté dans un avion pour venir à Notwin Pinktown.
- Et comment peut on te faire confiance ? demanda Asthik.
- J'ai des révélations à vous faire et vous allez comprendre. Je sais qui est le meurtrier ou plutôt La meurtrière.
Les Vipères étaient pendues à ses lèvres, qu'elle avait très belles d'ailleurs.
- Mais avant, ça serait sympa si vous arrêtiez de pointer sur moi tout vos trucs, genre vos godes et autres palettes de fard à paupières, je me sentirais mieux.
- Je la sens bien, intervint FraiseVinyl. Croyez moi, je vois dans son aura des oreilles de lapin.
Les Vipères, en un regard décidèrent de baisser leur garde pour écouter Splosh Girl.
- Bien, nous t'écoutons, annonça Sexysperma.
- La meurtrière que vous recherchez n'est autre que Lolo Bugatti l'Étouffeuse de Boston.
- Mais … c'est pas possible, elle est morte, il y a bien longtemps, dit Sexysperma sur un ton suspicieux.
- Attends Sexysperma, je comprend rien, intervint Cyprin. Qui c'est cette Lolo Bugatti ?
- Si vous le voulez bien je vais vous expliquer, répondit Splosh Girl.
- Nous t'écoutons, affirma Sexysperma.
- Voici son histoire...
Splosh Girl raconta alors avec douceur le funeste destin de Lolo Bugatti.

Interlude Lolo Bugatti

Lolo Bugatti fut une femme triste qui avait porté beaucoup de lourds secrets. Elle avait, dans son enfance, été témoin de scènes traumatisantes qui avaient marqué sa psyché au fer rouge et qui allaient orienter toute son existence vers un but inatteignable. Elle se souvenait du jour où son père s'était servi pour la énième fois, de sa mère comme planche à repasser pour défroisser ses précieuses chemises à jabot des années 70. Il la maltraitait régulièrement en la transformant en mobilier et la petit Lolo, qui s'appelait en fait Lola en ces temps là, souffrait de voir sa mère servir de table, de chaise, de chauffe plat, de four et surtout de planche à repasser. Quand on demande à un meuble de l'aide pour faire ses devoirs, il ne se passe rien. C'est que vivait tous les jours la petite Lola.
Mais l'objet qui la traumatisa le plus, restait la planche à repasser certainement car c'était celui qui niait le plus la féminité de sa mère. A six ans, elle s'est alors jurée d'avoir une poitrine énorme qui empêcherait tout homme de la prendre pour une planche à repasser.

En grandissant Lola, bien qu'aillant une intelligence supérieure à la moyenne, se détourna de l'école et se concentra vers une autre voie. Elle avait très vite compris l'attrait qu'elle pouvait exercer sur la gente masculine et l'intérêt qu'elle avait à lui laisser croire qu'elle était plus idiote qu'elle ne l'était réellement. De rencontre en rencontre Lola ne perdait pas de vue son but : la quête de son image. Elle se maria et entama une carrière d'actrice qui la mena des clubs de striptease au porno. De cachets en cachets sa poitrine avait augmenté, son visage avait changé, elle était devenue Lolo Bugatti en référence aux pare-chocs rutilants de la célèbre marque d'automobile. Elle avait atteint son but tout en s’apercevant que ce n'était pas une fin. Et la fin fût aussi brutale qu’inattendue.

Lolo Bugatti mourut sans que l'on sache vraiment pourquoi alors qu'elle suivait une psychanalyse. Mais une chose était sûre, des années après sa mort et après la mort de son mari, son fantôme se manifesta en réalisant une série de meurtres inexpliqués à Boston. Inexpliqués car la police n'a jamais voulu réaliser de communiqué de presse officiel et claire à ce sujet, craignant d'être pris pour des illuminés.

Son fantôme fût formellement identifié par une jeune fille qui disait même lui avoir parler. Elle pût dire aux policiers comment Lolo B. procédait. Elle fût enfermée, mais après quelques jours et une enquête scrupuleuse, la police ne trouva rien à redire à l'adolescente, dont tous les alibis concordaient avec ses déclarations. Les policiers durent donc l'écouter et prendre partiellement et en tapant avec deux doigts, sa déposition. Lolo avait parlé avec la jeune fille alors qu'elle s'apprêtait à faire sa 27ème victime. La jeune fille les avait surpris sous son porche alors qu'elle rentrait chez elle. Son arrivée avait perturbé Lolo et sa proie, et toutes deux avait comme repris leurs esprits. L'homme s'enfuit à toute jambe et Lolo fît face à la jeune fille en lui disant : « Je ne veux pas que tu voies ça ! » et son spectre disparût en se désintégrant dans l'espace. La jeune fille comprit que ce qui venait de se passer là, la lierait à cette femme car elle avait ressentie sa peine et savait que tant que celle-ci ne se serait pas apaisée, le spectre reviendrait pour tuer car c'était la seule issue envisageable. Les journaux à scandale s'étaient emparés de l'affaire et avait donné le sobriquet de l'Étouffeuse de Boston au spectre de Lolo Bugatti.

Comment Lolo Bugatti tuait-elle ?
Elle charmait les hommes au hasard, les nuits de lune noire de préférence, dans un coin sombre, d'une voix suave, dans l'ombre elle les invitait à se perdre dans son décolleté. Les hommes ne pouvaient s'empêcher alors de fourrer leur tête dans l'interstice mammaire offert, jusqu'à se faire étouffer tout en jouissant jusqu'à la mort comme une variante macabre de cinépimastie*, sauf pour les homosexuels qui devenaient automatiquement ses amis, mais ne cherchant pas à se faire des amis, Lolo faisait attention à choisir des hétérosexuels et pour cela elle avait le flair.

*Cinépimastie : en grec, mot à mot, mouvement entre les seins, qui illustre une séquence de frottement de la verge dans le sillon mammaire. L’analogie anatomique entre cette fente charnue et la zone vulvaire est chez l’homme d’un poids considérable, responsable des mille stratagèmes féminins tendant à l’exhiber. Sexuellement la pratique est connue de tous temps, comme alternative au coït lorsqu’une virginité se doit d’être respectée, ou en l’absence de contraception (définition du site sante.planete). Bref la cinépimastie ou mazophallation est aussi appelée branlette espagnole (allez savoir pourquoi espagnole).

- Lolo Bugatti était ma tata, ajouta Splosh Girl avec un sourire triste après avoir raconté l'histoire de Lolo B.

XIII

- Alors comme ça Lolo Bugatti était ta tata ? demanda Cyprin
- Oui, c'était tata Lolo. Quand j'étais petite je lui chantais cette chanson que je lui avais écrite et qui faisait : Taaaaata Loloooo qu'est ce qu'il y dans tes grands loloooo, Taaaaata lolooooo dans ta tête y'a des tas d'zozos...
- Ah d'accord... mais alors la jeune fille dans ton histoire...
- Oui c'était moi, mais à l'époque, je ne n'avais pas dit à la police que nous étions parentes... puis je ne connaissais pas toute son histoire mais j'avais compris qu'elle était sa souffrance. Alors pendant des années, je me suis acharnée à comprendre ce qu'il s'était passé pour que ma tata Lolo préférée finisse comme ça. Petit à petit, je suis arrivée à lever tous les secrets de famille qui entouraient son histoire, ce qui m'a permis de comprendre en partie pourquoi Lolo Bugatti était devenue l'étouffeuse de Boston.
- Et tu t'habilles souvent en policière ? demanda FraiseVinyl, l'air de rien.
- Ça m'arrive, mais là je voulais surtout que la police me laisse tranquille.
- Et pourquoi ne nous as-tu pas prévenu sur notre blog ? demanda soudainement Sexysperma. Parce que tu nous a dit que tu avais lu notre message et que c'était ça qui t'avais fait venir, enchaina-t-elle.
- Je ne voulais pas vous mêler à ça, je sentais que vous étiez des gens bien et je ne voulais pas que vous risquiez quoi que ce soit dans cette histoire, répondit simplement Splosh Girl.
- En tout cas ton costume de policière, il en jette ! Intervint FraiseVinyl. Hein Panty ? Tu trouves pas ? Panty ? Ben, où est Panty ? interrogea FraiseVinyl en jetant des regards à la ronde.
Les Vipères se regardèrent, puis regardèrent autour d'elles.
- Ça c'est bizarre... murmura Sexysperma en promenant son regard dans la rue.
- Il vous manque quelqu'un ? demanda Splosh Girl.
- Oui, Pantysoiler.
- Hé, regardez ! S'exclama Herr.Ektor en montrant le jeune homme.
Tout le monde le regarda. Il s'était rhabillé et, alors qu'il était resté immobile pendant toute la conversation, il s'était mis à bouger, à avancer lentement dans la rue, comme s'il cherchait quelque chose.
- Nous ferions bien de le suivre, on verra pour Pantysoiler plus tard, dit Sexysperma
- Oui, renchérit Splosh Girl, je sens la présence de Lolo Bugatti.
- Tu en es sûre ? demanda Asthik.
- Oui, mon cœur ne me trompe jamais.
Elle ouvrit alors un peu plus sa chemise et les Vipères découvrirent alors un cœur piqué d'épingles de couturière, tatoué sur la peau tendre de son sternum. Il semblait briller et palpiter légèrement.
- Quand il se met à battre et à briller, il me signal la présence de forces obscures. Nous ferions bien de rester cacher mais prêts à intervenir. Lolo Bugatti arrive.
Les Vipères sautèrent immédiatement dans les ombres que la rue leur proposait et suivirent la progression du jeune homme qui avançait lentement comme guidé par quelque chose. Celui-ci s’arrêta après avoir parcouru à peu près soixante neuf mètres et des poussières, près d'un porche très sombre. Il tendait l'oreille droite comme s'il cherchait à localiser un son. Les Vipères, depuis leurs postes d'observations respectifs, n'entendaient rien et ne voyaient rien non plus d'ailleurs, mais elles se tenaient prêtes à agir. Une montée d'adrénaline prenait possession de leurs corps. Le jeune homme se rapprochait de l'ombre pas à pas. Le vent souffla légèrement et siffla en passant près du jeune homme dont les cheveux ondulèrent en toute liberté. Cette petite brise fit émerger de l'ombre une mèche de cheveux décolorés.
- Tenez-vous tous prêts à agir, Lolo Bugatti est ici, dans l'ombre, chuchota Sexysperma dans son micro.
Le jeune éphèbe était maintenant à un pas de la limite de l'ombre du porche et de la lumière des réverbères. Doucement, émergea de la zone d'obscurité, une paire de seins titanesques gainés de vinyle rouge. Le jeune homme ne mit pas longtemps à plonger sa tête dedans, sans même prendre le temps de regarder ce qu'il y avait au bout. Et les seins entamèrent un mouvement de va-et-vient tout en privant la pauvre tête de toute son oxygène.Les choses s'étaient passées très vite, les Vipères avaient à peine eu le temps de réagir que leur leurre était déjà tombé dans le piège mortelle des protubérances mammaires de Lolo Bugatti.
Les Vipères et Splosh Girl sortirent promptement de leurs cachettes et se positionnèrent en arc de cercle autour du jeune homme et de Lolo Bugatti qui était toujours à moitié dans l'ombre ou dans la lumière, cela dépend du point de vue.
- Montre toi entièrement Lolo Bugatti, tu es cernée ! lança sauvagement Sexysperma
- Ah ah ah, Cernée ! Non mais tu t'es regardée avec tes valises sous les yeux ! Ah ah ah ! Exulta Lolo B, en sortant de l'ombre.
Elle était maintenant visible entièrement mais elle maintenait toujours entre ses seins la tête du jeune homme.
- Je vois que tu as de l'humour, face de chienne !
- Mais c'est qu'il est agressif le petit dauphin ! Lança Lolo B avec beaucoup d'ironie dans la voix.
Elle fit un pas en direction de Sexysperma, en maintenant toujours la tête du jeune homme entre ses obus, l'étouffant encore, et les Vipères resserrèrent le demi cercle un peu plus autour d'elle.
- Lâche le ! Cria Asthik
- Comme tu veux mon petit, répondit Lolo B.
Lolo Bugatti prit ses mamelles entre ses mains et en un mouvement lent, libéra la tête du jeune homme qui était couleur bleu d'hiver. Il tomba a ses pieds inanimé.
- Attention, c'est une feinte ! cria Splosh Girl.
C'était trop tard, Lolo Bugatti profita de la diversion pour presser ses seins et en faire jaillir une substance blanchâtre et totalement gluante en riant à gorge déployée. On aurait pu croire que c'était du lait qui sortait à profusion de ses mamelons mais en l'occurrence cela ressemblait plus à du sperme. Elle dirigea les jets de liquide corporel en un mouvement qui allait des côtés vers le centre. Les Vipères qui se tenaient sur les côtés furent surprises par les giclées et se retrouvèrent engluées en deux secondes trente, sans avoir eu le temps de réagir. Le liquide leur coulait sur le visage comme après un gang bang à la différence qu'il les collait au sol.

XIV

Pantysoiler ouvrit les yeux. L'image était un peu floue. Elle cligna alors les yeux en même temps puis un œil après l'autre et les cligna encore une fois les deux en même temps. Elle rouvrit les yeux à nouveau et l'image se précisa. Un visage féminin doux et souriant se dessinait. Elle avait des cheveux noirs qui sortaient de la brume, des yeux brillants et un sourire engageant surligné de rouge. Le regard de Pantysoiler se porta alors sur le décolleté de la femme qui se trouvait penchée au dessus de son visage, elle avait un cœur piqué d'épingles tatoué sur le sternum. Il semblait saigner.

- Mais... mais … qui êtes vous belle inconnue?
- Mon nom est Girl. Splosh Girl, répondit doucement la dite Splosh Girl et son nom coula sur les murs comme une lente vague de cyprine.
- Sexy, ton costume.
- Merci.
- Mais tu saignes, ajouta Pantysoiler.
- Oui, mais ne t'inquiètes pas, ce n'est rien. Toi, ça va ?
- Oui, mais que s'est il passé en fait ?
Splosh Girl releva la tête et le buste de Pantysoiler pour lui permettre de s'assoir correctement. Pantysoiler vit alors tous ses amis qui la regardaient en souriant.
- Mais... vous avez des sourires super niais ! Qu'est ce qui s'est passé ? Demanda énergiquement Pantysoiler qui semblait avoir retrouver ses forces.
- Tu te souviens qu'Asthik avait été contaminé par un Gay Garou dernièrement... dit Sexysperma.
- Oui.
- Ben toi...
- Oh mon dieu non ! J'ai été contaminée par une Lesbo Garou ? C'est ça ?
- Heu... non. Tu étais possédée par l'esprit de Lolo Bugatti, répondit Sexysperma.
- Mais … alors, c'est moi qui ai commis tous ces crimes ?
- Pas vraiment, car l'esprit de Lolo Bugatti te possédait totalement en prenant contrôle de ton âme et de ton corps. Mais ne t'inquiètes pas, Splosh Girl t'a libérée de son emprise. Tu n'as plus rien à craindre.
- C'est vrai ? demanda Pantysoiler, les yeux prêts à déborder, en regardant Splosh Girl.
- Oui, répondit avec humilité Splosh Girl.
- Mais comment ça s'est passé ?
- Tu te souviens de quoi ? S'enquit Sexysperma.
- Ben je me souviens m'être préparée avec tout le monde, puis on est allé dans une rue où on a lâché le leurre. J'étais tout derrière à mater celui de FraiseVinyl, qu'elle a très beau, puis plus rien.
- Ah, alors je vais essayer de te résumer la suite, proposa Sexysperma. Mais avant je vous propose de finir le vin blanc lyophilisé que j'avais amené avec moi juste au cas où.
- Ce n'est pas de refus, s'exclamèrent les Vipères d'une seule voix, mais pas trop fort parce qu'elles étaient toujours en pleine rue, en pleine nuit.
C'est donc au milieu de la rue en pleine nuit que les Vipères prirent le temps de se tracer de belles lignes de vin blanc lyophilisé. Une fois les sinus pleins, tout le monde s'apprêta à écouter Sexysperma raconter ce qu'il s'était passé.
- Après avoir rencontré Splosh Girl, dans des circonstances que nous te raconterons plus tard, et grâce à FraiseVinyl qui voulait avoir ton avis sur la policière sexy, nous nous sommes aperçus que tu manquais à l'appel.
- C'est pas vrai qu'elle est sexy ? coupa FraiseVinyl en s'adressant à Pantysoiler.
- Je confirme, ajouta Pantysoiler d'une voix de velours bleu en regardant Splosh Girl dans les yeux, oui dans les yeux.
- Donc, reprit Sexysperma. A ce moment là, tu … enfin, plutôt Lolo Bugatti a fait son entrée en scène. Elle avait attiré le jeune dans ses énormes seins grâce auxquels elle lui branlait la tête tout en l'étouffant. Nous l'avons encerclée, elle a lâché le jeune homme, nous a aspergé d'un liquide suspect qui collait trop, mais vraiment trop. J'ai cru que c'en était fini. Nous étions collés, au sol et à nous même, nous n'avions même pas eu le temps de dégainer nos armes. Une émotion intense me submergeait et j'avais cette idée en tête que je n'aimais pas me sentir prisonnière de quelconque manière, et que je n'avais, en aucun cas, à accepter de me sentir aliénée à quelque chose, pas même au joug des hommes dans une phallocratie.
Et Sexysperma, laissa ses mots résonner dans une rue presque déserte devant les Vipères ébahie par la fougue avec laquelle elle avait fini son discours. Il y eut même quelques applaudissements.
- Heu.. où j'en étais ? Demanda Sexysperma.
- Au joug des hommes dans une phalloparty... répondit Asthik comme si de rien n'était.
- Ah ah... non j'en étais au moment où nous étions tous collés. Donc, à ce moment là, Lolo Bugatti se pencha sur le jeune homme qui avait repris une couleur normal, et celui-ci n'a rien trouvé de mieux que de replonger la tête dans le mortel décolleté de la blonde décolorée. Alors, j'ai pensé très fort encore à ces histoires d'aliénation et j'ai souhaité encore plus fort, que nos liens se brisent. Et ils se brisèrent par la force de ma pensée magique...
Les vipères se lancèrent des regards pleins d'interrogations. Mais Sexysperma était lancée dans son récit comme une jument folle de joie de galoper dans un prés fleurit au printemps et rien ne pouvait la troubler.
- … A peine délivrée, Splosh Girl, ouvrit sa chemise en un prompt mouvement. Ainsi nous pûmes tous voir que son cœur tatoué irradiait d'une lumière rouge intense. Il envoya des pulsations de lumière sanglante droit sur Lolo Bugatti qui s'en retrouva recouverte. Un halo rouge luminescent l'entourait. Elle se redressa en délaissant le jeune homme et se tint droite, toujours enveloppée d'un voile carmin. Elle semblait téléguidée. Splosh Girl regarda son cœur, les épingles, auparavant tatouées, étaient maintenant plantées dans sa peau encrée et brillante. Elle en retira deux d'un geste rapide. Des gouttes de sang jumelles, puisque née en même temps, perlèrent à fleur d'épiderme. Puis, elles s'encrèrent dans le derme pour donner un ton d'intensité supérieur au rouge de son cœur. Splosh Girl visa, puis lança les deux épingles dans les deux énormes seins de Lolo Bugatti aussi précisément qu'un lanceur de couteau qui veut tuer sa femme. Le halo rouge qui l'entourait disparu et une espèce de fumée grise sortit des mamelles de Lolo Bugatti qui se transformait à vue d’œil. Ses seins se dégonflaient comme des ballons de baudruche tandis que la fumée grise s'en échappait, ses cheveux rétrécissaient, ses lèvres reprenaient une taille ordinaire...et nous t'avons vu, Pantysoiler, tomber inanimée, le spectre gris de Lolo Bugatti debout à tes côtés. Alors Splosh Girl s'est approchée du spectre en chantonnant la chanson qu'elle lui chantait enfant.
                                                 - Tata loloooooo, qu'est ce qu'il y a dans tes grands lolooooooooo...
                                                 - Il y avait plein d'amour dedans, ma belle nièce, répondit tristement le spectre.
                                                - Je sais tata, mais Tu ne peux pas tuer des hommes au hasard simplement pour te venger de ton père, de ton mari, et de toutes les pourritures d'hommes faibles qui t'ont fait souffrir en se croyant supérieur simplement parce qu'ils ont un phallus, pour cela il y a le féminisme.
                                                - C'est vrai tu as raison.
                                                - Il faut que tu retrouves ta paix intérieure et je peux t'aider.
Lolo B. ou plutôt la forme grise versa une larme, une larme dorée.
                                                - Je suis prête, dit-elle.
Splosh Girl retira alors encore une épingle de son sternum marqué et l'envoya se planter dans la masse de volutes grises. A l'endroit où l'épingle se planta, un petit vortex se forma, aspirant toute la fumée grise juste au bout de la pointe de l'aiguille. Il y eut comme une petite implosion, l'épingle retourna se planter dans le cœur de Splosh Girl, non sans l'égratigner un peu, pour réintégrer son épiderme en deux dimensions. Splosh Girl émit un petit gémissement de douleur contrôlée. Une lumière dorée apparue alors et pris la forme de Lolo Bugatti.
                                                 - Je suis presqu'en paix maintenant. Mais pour l'être vraiment, je me dois de faire un cadeau à celle qui a été mon hôte ses derniers temps, pour m'excuser de ce que je lui ai fait. J'ai vu dans ses pensées intimes qu'elle aimerait avoir une poitrine plus grosse, alors je vais lui donner le pouvoir de pouvoir la moduler à volonté.
Elle souffla alors doucement un petit jet de paillettes dorées dans ta direction Panty. Les paillettes se sont posées sur toi et sont entrées en toi. Puis le spectre s'est désintégré progressivement, point par point, comme de petites lumières qui s'éteignent à contre temps en envoyant des ondes d'amour.
- Ah c'est pour ça les sourires niais de tout à l'heure, dit Pantysoiler... mais attend, ça veut dire que maintenant j'ai le pouvoir de pouvoir choisir d'avoir la poitrine que je veux, quand je le veux.
- Heu... oui, c'est ça, répondit Sexysperma.
- C'est la chose la plus géniale qui me soit arrivée alors ! S'écria Pantysoiler.
- Ton optimisme m'espantera toujours Panty, ajouta Sexysperma.
- Bon, Sexysperma, ton histoire était très bien racontée mais je voudrais revenir sur un point sur lequel je ne suis pas d'accord, intervint Asthik.
- Ok, on t'écoute, répondit Sexysperma.
- Voilà, quand on était collé, ce n'est pas grâce à ta force de pensée magique que nous nous sommes libérés mais grâce à la mienne, ajouta Asthik. J'y pensais vraiment très fort et peut être même plus fort que toi.
- Alors là, je ne suis pas d'accord, intervint Herr.Ektor. C'est grâce à Ma pensée magique que nous nous sommes libérés !
- Non, c'est grâce à la mienne ! ajouta FraiseVinyl.
S'en suivit une gentille chamaillerie de Vipères pour définir qui avait vraiment libéré tout le monde.

Pendant que les autres délibéraient comme un banc de perruches ondulées posées sur le seul eucalyptus dans un rayon de 69 km dans le désert australien, Pantysoiler et Splosh Girl ne se quittaient plus des yeux. Dans leurs regards passait l'électricité du désir. Elles avaient oublié le reste du monde.
- J'ai l'impression de te connaître, dit doucement Pantysoiler avec une voix de soie douce et noire.
- En fait, je crois que je suis la meilleure cliente de ton site de revente de culottes souillées, répondit Splosh Girl avec une voix de satin vermillon. Je croyais que jamais je ne te rencontrerais.
Leurs visages se rapprochaient inexorablement, le désir avait atteint son comble, il se devait de se réaliser et ne plus rester à l'état de fantasme inconscient malmené par leurs surmois. Leurs lèvres se frôlèrent puis ce scellèrent en un long baiser qui devint de plus en plus fougueux. Elles se caressaient dans une étreinte douce et ferme, les mains fébriles comme quand on découvre pour la première fois le corps de l'amant que l'on a tant désiré, elles ne pouvaient plus s’arrêter. Doigts de soie sur peau de cachemire, leurs caresses remontaient le long de leurs cuisses. La chaleur de leurs corps réchauffa l'atmosphère autour d'elles. Du miel tomba du ciel et dégoulina sur leurs visages occupés à s'aimer, sans que personne ne trouve ça bizarre.

Les Vipères finirent par se mettre d'accord sur le fait que c'était probablement les pensées magiques de tout le monde qui, additionnées, avait permis leur libération. Elles découvrirent alors Pantysoiler et Splosh Girl en plein préliminaires collantes, se délestant petit à petit de leurs vêtements.
- Heu... je crois qu'on va les laisser, j'ai déjà vu assez de nichons pour aujourd'hui, intervint Asthik.
- Attends, il faut qu'on fasse quelque chose car le soleil va pas tarder à se lever et il faudrait leur créer un nid d'intimité.
- J'ai la solution, assura Herr.Ektor. Je vais appeler Pseudo.me, il aura bien une petite musique agréable pour faire pousser des plantes, ajouta-t-il en manipulant son téléphone-appareil-photo-portatif. Allo.
- …
- Je sais mais c'est un cas d'urgence. T'aurais pas une petite chanson pour faire pousser les plantes ?
- …
- Ok alors joue là sur ton ampli et je vais la diffuser avec mon téléphone-appareil-photo-portatif.
Sitôt dit, sitôt fait, Dance Me Till The End Of Love, par Mistress Barbara, emplit la rue. Le lierre qui grimpait sur la façade de l'immeuble, changea de direction et se mit à pousser très vite vers le bas, créant ainsi un rideau végétal qui tombait du mur pour protéger du regard des autres, les deux femmes beaucoup trop occupées par leurs baisers pour s'apercevoir de ce qu'il se passait. Le lierre créa une sorte de cocon vert, il avait tressé ses branches de telle manière que les filles étaient totalement invisible, englobée dans cocon de verdure.
- Merci Pseudo.me, la mission est accomplie, dit Herr.Ektor dans son téléphone avant de raccrocher.
- Bon, je crois qu'on peut y aller maintenant, dit Sexysperma. Le jour se lève et le soleil ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. On prend les dauphins pour rentrer ?
- Oh oui s'exclamèrent les Vipères.
Les Vipères marchèrent tranquillement dans la rue Va Gina pour aller tout au bout, là où il y avait suffisamment d'eau pour que les dauphins viennent les chercher. Elles laissaient derrière elles, deux femmes qui s'aimaient dans un cocon végétal et une rue qui s'assècherait petit à petit dans les jours qui suivraient. La saison des pluies touchait à sa fin, les premiers nuages morts commençaient à tomber du ciel pour se briser sur les pavés de Notwin Pinktown. C'était la fin d'une saison.

Interlude

Encore une fois les humains m'ont bien fait rire. J'ai observé leur combat désespéré et n'ai pu m'empêcher d'intervenir. Ils ont tous cru qu'ils s'étaient libérés grâce à la force de leur pensée magique alors que c'était Moi qui les ai libérés. Même si Je rigolais en les voyant englués à eux même, J'ai décidé de leur donné un coup de patte. Comme Je l'ai déjà dit, Je suis Dieu et J'ai le don d'ubiquité. J'ai donc désincarné Mon corps astrale et L'ai dédoublé autant de fois qu'il le fallait pour Me placer derrière chaque humain prisonnier et en un coup de griffe bien placé, détruire la matière qui les collait. Tout est allé beaucoup trop vite pour qu'ils comprennent ce qu'il se passait, la preuve : il s'en sont remis à « la pensée magique » comme seule explication. C'est encore une fois la preuve de leur infériorité. Pourquoi les ai-je libérés alors ? Parce que malgré tout, il me sont utiles, notamment pour avoir à manger sans faire quoi que ce soit, puis ils me font bien rire avec toutes leurs aventures. Je crois que j'ai fini par m'attacher un peu à eux, mais pas trop quand même. Quand mon esclave principal sera rentré à la maison, il m'y trouvera comme si de rien n'était. Pendant qu'il monte le dos d'un mammifère marin visqueux, j'ai largement le temps de me téléporter. Sur ce : «  Ciao bande de nazes ! »

Prologue

Les Vipères s'étaient séparées dans un carrefour de la ville qui leur permettait de rentrer chacun dans leur direction. Elles chevauchaient leurs dauphins respectifs avec beaucoup de fierté car c'était probablement une des dernières fois de l'année qu'elles pouvaient en profiter. Sur le chemin du retour Herr.Ektor croisa un bateau qui était à l'arrêt. Ce bateau lui disait quelque chose mais il ne savait pas quoi. En s'approchant encore, il crût reconnaître les armoiries. Ce ne pouvait pas être possible et pourtant... Il décida de tenter le tout pour le tout et d'aller frapper à la porte du bateau. Il laissa son dauphin gambader dans l'eau et monta sur le ponton en se dirigeant vers la porte. Son cœur battait fort. Il frappa à la porte. Au bout de quelques minutes, celle-ci s'ouvrit et Herr.Ektor n'en crût pas ses yeux.

Fin.

Qui est la mystérieuse personne qui ouvrit la porte à Herr.Ektor ? D'ailleurs avait il retrouvé ses pouvoirs ? Cyprin découvrira-t-il un jour le secret de Sexysperma ? Pantysoiler et Splosh Girl allait-elle un jour pouvoir s'arrêter de faire l'amour ?
Vous aurez peut être les réponses dans une prochaine série...