Depuis quelques temps, Asthik se sentait las. Il lui semblait que quelque chose se passait dans son corps sans qu’il puisse mettre le doigt dessus. Il imputa cette étrange sensation à la dernière soirée en date, celle-là même qui lui avait laissé une marque de dentition sur la hanche. D’ailleurs, il avait fini par la trouver sexy cette scarification, un peu comme une de ces cicatrices de guerre qui rendent un homme mystérieux. Son aspect, au début assez étrange, était devenu en quelques jours totalement acceptable. Quelque fois il la caressait en pensant à l’homme qui l’avait mordu et se souvenait du goût qui avait empli sa bouche après l’acte.
Sexysperma, elle, se sentait ragaillardie en pensant à cette fameuse soirée où elle avait rencontré cet homme avec qui elle avait concocté une drogue fabuleuse. D’ailleurs un frisson lui caressait l’échine dès qu’elle y pensait. Elle ne pouvait oublier. Avant que cela ne tourne à l’obsession, Sexysperma décida de convoquer quelques membres des Vipères afin de mettre en place un nouveau plan de lutte contre l’ennui et le désenchantement. De plus, elle avait des informations cruciales à leur communiquer.
Herr.Ektor et Pseudo.Me étaient dans leur jardin quand le téléphone sonna. Ils laissèrent tomber ce qu’ils tenaient en main pour aller répondre. Cette sonnerie en disait long, on avait besoin d’eux pour une nouvelle mission.
Après l’appel de Sexysperma, Cyprin et L’homoover s’empressèrent de se préparer en faisant les dernières retouches à leurs manchettes à paillettes.
Asthik quant à lui, sauta dans la salle de bain après avoir raccroché, excité à l’idée de retrouver ses amis.
C’est tous ensemble que les membres désignés des Vipères arrivèrent dans l’antre de Sexysperma. Ils pénétrèrent lentement dans la cour de l’immeuble où des poulets bleus cherchaient un voleur curieux entré là par hasard. Après la fouille de rigueur, chacun pu prendre l’escalier pour monter jusqu’au repère. Des bougies disposées de façon astucieuse montraient le chemin, projetant des ombres longues et difformes sur les murs ébréchés de l’immeuble. Sexysperma les attendait en haut des 122 marches. Elle portait ses boucles d’oreille tête de mort, ce qui signifiait que l’heure était grave mais c’est avec le sourire tout de même qu’elle accueilli ses amis. Elle les reçu dans son salon baroque.
- Les amis, l’heure est grave, déclara-t-elle.
- Mais que se passe t-il ? Pourquoi tous ces mystères ? s’enquirent en même temps toutes les Vipères. On veut savoir.
Avant qu’elle n’ait eu le temps de répondre, Asthik demanda :
- T’étais vraiment obligée de mettre des poulets bleus dans la cour ?
- Pourquoi ? Ils sont sympas mes poulets. Ils sont apprivoisés. Ils sont là en simple prévention contre une menace éventuelle, rétorqua Sexysperma ; et en plus ils font des œufs rose fluo les nuits de pleine lune.
- En tout cas, ils ne m’ont pas fouillé de la façon que je préfère.
- Comment ça ?
- Ils restent trop en superficie ma pauvre chérie. Je doute qu’ils soient vraiment efficaces.
- Pour ça, c’est vrai qu’ils ne sont pas super mais pour éloigner les pigeons de la cour, c’est vraiment génial. Tu devrais essayer chez toi.
Bouillonnant de suspens, Cyprin interrompit cet échange plein de nom d’oiseaux.
- Bon, on s’en fout des volatiles du moment où ils nous donnent des plumes pour nos costumes, le reste n’a pas d’importance. Si tu nous disais plutôt pourquoi cette convocation et cet air si grave.
- En plus j’ai détecté dès la montée des escaliers, la présence d’une substance inconnue à haute concentration de stupéfiant, rajouta Herr.Ektor dont le piercing au septum était sortit dès son arrivée. Alors tu dois parler.
- Ok, Ok du calme les pédés, je vais vous raconter. Mais avant tout, buvons et goûtons cette nouvelle drogue que le flair aiguisé d’Herr.Ektor avait repérée.
Posée sur la table basse en forme de phallus en plexi, une carafe de cristal brillait de mille feux. L’homoover ne se fit pas prier pour transformer son contenu en Vodka bolchevique et Sexysperma prépara des lignes régulières et généreuses de poudre magique sur un plateau d’argent. Chacun sortit sa paille favorite et enchaîna un rail, puis un autre et un double shot de Vodka. Maintenant ils pouvaient aborder le vif du sujet.
- Le démon Criz va encore frapper. Je le sens, je le sais, mais je ne peux dire quand. Alors le mieux c’est qu’on prépare une virée en ville pour voir un peu ce qu’il s’y passe, déclara Sexysperma.
- Tu as raison, répondit Pseudo.Me qui était resté muet jusqu’à présent, trop occupé à écouter les plantes d’intérieur qui se plaignaient d’un manque de considération. Les plantes vibrent d’une façon inhabituelle, elles aussi sentent que quelque chose se trame. Elles ne diront rien de plus pour l’instant car tu as oublié de les nourrir et du coup elles sont trop faibles pour communiquer sur autre chose que sur leur condition d’esclave d’appartement.
- Oh, elles exagèrent toujours… tu as vu comme elles sont grasses ! se défendit Sexysperma.
Le débat fit rage mais Asthik y mit fin en interrogeant d’une voix grave :
- Si nous allions la faire cette exaction sexy en ville ?
L’idée charma tout le monde et ferma le caquet aux plantes grasses. Quelques carafes et lignes plus tard, les membres des Vipères étaient prêts. Et c’est en formation Tsunami qu’ils déferlèrent dans les rues de la ville engourdie.
La première étape était un bar où ils pouvaient s’échauffer en gagnant au blind-test comme toujours, Pseudo.Me étant un atout majeur pour ce jeu. L’atmosphère y était morose mais c’était sans compter sur leur présence. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’ambiance du bar changea radicalement. Sexysperma ouvrit son poudrier en strass et souffla sur le fard à paupières. Un petit nuage en sortit et colorisa l’environnement. Cyprin exécuta discrètement un petit bootyshake et le public se mit à onduler au son de la musique. Bientôt les rires fusèrent et l’alcool coula à flot.
Asthik sentit une tension monter en lui. Il avait les tétons tellement durs qu’ils auraient pu couper du verre, ce qui était fort inhabituel pour la saison. Des gouttes de sueur perlèrent sur son visage lisse. Il sentait le besoin de s’isoler. Il se traîna jusqu’aux chiottes. Sexysperma y avait caché de la coke dans le faux plafond et seules les vipères savaient comment y accéder. Une petite ligne devrait lui faire du bien, se dit il. Ce ne fût pas le cas. Le teint blême, ce qui tranchait beaucoup avec le décor, Asthik reparu sur la piste de danse, le t-shirt déchiré au niveau de ses mamelons en érection. Aussitôt Sexysperma, qui s’inquiétait, perçu son teint blafard et pour que personne ne le remarqua, recolorisa Asthik en un clin d’œil. Elle en profita aussi pour changer deux sous bocs en étoiles de tissus qu’elle colla discrètement sur Asthik, rapiéçant ainsi le t-shirt exhibitionniste. Alertées en un échange de regard, les Vipères accompagnèrent Asthik à l’extérieur. Un peu d’air lui ferait sûrement du bien.
- Asthik, qu’est ce qu’il t’arrive ? s’empressèrent de demander en chœur tous ses amis.
- Je… Je… Je sais pas, balbutia Asthik en reprenant ses esprits. Je me suis sentit un peu faible d’un seul coup mais ça va mieux. Je crois qu’il vaut mieux que je rentre.
- Tu es sûr ? Tu veux qu’on t’accompagne ? demandèrent en canon la bande d’amis.
- Non, non ça va aller. Je préfère rentrer seul dit Asthik avec beaucoup de détermination.
- Bon, ok. Mais soit prudent, on ne sait toujours pas ce qu’il se passe en ce moment, le prévint Sexysperma.
- T’inquiète chouchoune, j’ai plus d’un tour dans mon sac Vuiccon, répondit Asthik.
Il rassembla ses affaires et pris le chemin du retour. Les autres le regardèrent partir, peinés par son état. Ce soir ils resteraient dans ce bar, la mission ne pouvait continuer plus loin sans lui.
C’est bizarre se dirent les Vipères. C’était la première fois qu’ils le voyaient comme ça. Peut être ne s’était-il pas tout à fait remis de sa blessure.
Sur le chemin, Asthik s’égara. Pris de haut le cœur, il se pencha en avant et tomba derrière une poubelle. Transformation. Un être vil prit possession du corps et des sens d’Asthik. Il était pris de fièvre et mourrait de soif, de soif de sexes inconnus. Ses sens étaient à l’affût. Il vit de loin un jeune homme qui arrivait seul dans la rue. D’un geste plus rapide que la normale, Asthik s’aspergea de son parfum envoûtant. Il sentait la puissance de son envie monter en lui. Dès que sa victime fut assez proche, il cligna son œil magnifiquement maquillé pour déclencher la tension désirée dans le jean déchiré du jeune homme. Asthik profita de la distraction pour s’approcher de lui subrepticement et lui glisser à l’oreille :
- Alors jeune homme on rentre seul ?
Instantanément sous le charme, le jeune homme fort bien équipé rétorqua :
- Justement, je cherchais un inconnu au regard de braise avec qui finir ma route.
- Tu ne veux pas plutôt qu’on baise, susurra Asthik d’une voix douceâtre.
Le jeune homme était désormais en son pouvoir. Il était sa chose, son animal, son esclave. Celui-ci déchira ses vêtements et les jeta aux pieds du puissant Asthik. Décidément le hasard faisait bien les choses, c’était un beau et solide Adonis. Le toyboy se laissa tomber à genou prêt à tout. Fermement, Asthik lui releva la tête par les cheveux. Il avait l’air d’aimer ça. Il se rapprocha sensuellement de la bouche entrouverte de sa victime fébrile, posa ses lèvres sur son corps chaud et se mit à aspirer langoureusement l’énergie sexuelle du jeune homme consentant. En quelques secondes il fût vide. Asthik gémit et le laissa tomber au sol comme un ballon de baudruche. Il avait encore faim. Trois jeunes néerlandais, grands et blonds arrivaient…
Pendant ce temps au bar, les Vipères en eurent marre et décidèrent d’un commun accord de rentrer et laisser la soirée se finir sans eux. Sexysperma avait proposé de passer dans sa demeure avant que tout le monde ne se sépare. Ils se mirent donc en route ensemble.
Sur le chemin, une souillure étrange attira le regard de L’homoover. La tache avait une forme inhabituelle. Il s’en approcha.
- Hé les amis, venez voir ça s’écria-t-il. Je crois que je viens de tomber sur quelque chose d’inhabituel.
Tous accoururent. Sexysperma saisi la première la chose et d’un geste prompt la déplia.
- On dirait un ballon de baudruche en forme de jeune homme dénudé dit elle d’un air mystérieux.
- Regardez, là, des vêtements éparpillés, et là d’autres trucs, lança Cyprin.
- Mais qu’a-t-il pu se passer ici, demanda à voix haute Herr.Ektor.
- J’ai déjà vu de ces choses, déclara alors Pseudo.Me.
Le silence se fit.
- C’est l’œuvre d’un Gay-Garou.
- D’un Gay Garou, reprirent en chœur les compères.
- Oui, vous avez bien entendu. Un Gay-Garou. Je ne savais pas que ça existait encore. Les êtres de cette espèce ont beaucoup sévit à Londres dans les années 80. Ils sont infectés par une sorte de virus qui les pousse à se nourrir de l’énergie sexuelle des êtres humains qu’ils croisent ; peu importe leur beauté, seul compte leur énergie libidinale.
- Tu veux dire qu’ils… laissa en suspend Herr.Ektor.
- Oui, répondit Pseudo.Me. Les Gay-Garous, ou double G, déclenchent une envie de sexe chez leur victime qui devient aussitôt consentante. Une fois leur charme lancé, ils peuvent agir très vite s’ils le veulent, cela dépend de leur degré de perversité. Ils aspirent toute trace d’énergie sexuelle de leur proie et y prennent beaucoup de plaisir. Leur soif de sexe les pousse à en vouloir toujours plus, un peu comme un junkie. Pourtant il y a quelque chose qui cloche.
- Quoi, s’enquit Sexysperma.
- Les double G n’attaquent que les soirs de pleine lune et ce soir la lune est noire.
Un ange passa mais personne ne le remarqua.
- Peut être ont-ils muté ?
- Il nous faut l’avis d’un expert. Appelons le meilleur pinochatologue de la terre, téléphonons à Seliba.
Sexysperma sortit son téléphone portatif et composa le numéro crypté à 23 chiffres de Seliba. Celui-ci décrocha en un éclair. Sexysperma lui exposa la situation en joignant à son monologue des photos des scènes de crime, que les autres Vipères envoyaient par MMS. Car crime il y avait bien eu.
- Pseudo.Me a raison, confirma Seliba. Nous sommes bien en présence des restes d’un repas d’un double G. Pourtant, la souche virale présente à Londres dans les années 80 était sensée avoir disparu mystérieusement avec l’apparition du mouvement grunge dans les années 90 et la prolifération des gonorrhées et autres mycoses sordides. Tout ceci ne présage rien de bon. Envoyez moi des échantillons pour que je les analyse.
- Ce sera fait dès la première heure demain, répondit Sexysperma.
Les vipères étaient sous le choc. Cela ressemblait fortement à un coup du démon Criz. Il leur fallait réfléchir un peu à tout ça et aller se reposer.
Un autre jour à une autre heure dans une autre ville ; Seliba venait de raccompagner à la porte de son squat un figurant qu’il avait adopté pour une partie de la nuit. Il s’apprêtait à se doucher sur fond sonore de Putty Latex quand il entendit une voix en provenance de l’entrée.
- Y’a quelqu’un ?
Cette voix n’était pas celle d’un de ses 12 colocataires. Seliba se para alors d’une mini serviette volubile et pudique qui l’enroula comme elle le pouvait. Il coupa la musique et se rapprocha de la source sonore qui l’avait dérangé. Il fut surpris de trouver dans l’entrée, un jeune homme. Il devait avoir dix sept ans et sept mois et être encore puceau mais portait très bien son costume de livreur. Il était tout en sueur. Quatorze étages sans ascenseur est un bon test pour savoir si le nouveau déodorant sur le marché est vraiment efficace.
- Excusez moi, dit le livreur avec un air un peu gêné, je viens livrer un colis. Je cherche un certain Seliba.
- Oui, il habite ici répondit Seliba, le regard sombre.
Il avait perçu la gêne du livreur et il souhaitait en jouer un peu avant de passer à autre chose.
- Pouvez vous me l’appeler demanda le livreur, décidément de plus en plus gêné.
- Cinq heures du matin, c’est un peu tôt ou un peu tard pour une livraison, dit Seliba d’un air suspicieux.
- Ben, vous savez depuis la privatisation c’est pas facile de livrer tout le monde dans les temps alors je prend de l’avance.
- Si t’es en avance, tu prendras bien un café ? proposa Seliba avec un regard de lover.
- Ben, c’est que je voudrais bien garder mon avance et donner ce colis en forme de gode à Seliba, rétorqua le livreur.
Seliba fut troublé, non pas par le paquet du livreur à la forme éloquente mais par la résistance fragile à ses avances habiles que mettait en place le jeune ingénu. Se pouvait-il qu’il fût insensible à son charme latin ? Ça faisait un bail qu’on ne lui avait résister aussi longtemps, ce qui avait le don de l’émoustiller encore plus. Il ne lâcherait pas le morceau comme ça. La cible était verrouillée. Au passage Seliba avait remarqué que le colis était recouvert de strass rouge avec une tête de mort qui rit en strass noir. C’était le code couleur et forme en vigueur pour une alerte urgente à niveau très haut. Il lui restait encore un peu de pouvoir. La nuit n’était pas finie mais elle ne tarderait pas à disparaître et laisser place à un jour au camaïeu de gris, comme toujours. Il décida que l’urgence pouvait attendre encore un peu.
- Ok, Seliba c’est moi. Mais… je te prendrai ton colis que si tu prends un café.
- D’accord mais je bouge pas d’ici. Je bois un café avec un demi sucre et un nuage de crème cramoisie et je me tire juste après, déclara le livreur.
Seliba avait remarqué l’empressement du livreur. Il était visiblement très tendu. Seliba alla chercher le café avec un demi sucre et un nuage de crème cramoisie à la cuisine et revint avec une petite tasse qu’il tenait de façon nonchalante. Il avança de façon sexy, la mini serviette découvrant un peu plus son corps à chaque pas. L’échange eu lieu au milieu de l’entrée. Le livreur ne savait pas que ce café allait changer le cours de sa vie. Seliba avait imprégné le demi sucre de sa salive encore chargée de GHB. Le livreur pris son café d’un trait, grâce à la paille donnée avec le costume de travail par la société de livraison, conçue pour augmenter le rendement et éviter la perte de temps due aux us et coutumes.
- Qui livres tu après ? demanda Seliba d’un air coquin.
- Oh, une vieille dame et son chien d’après ce qui est écrit sur l’adresse. C’est à dix minutes trente d’ici, puis je dois aller dans un couvent puis dans un club de rugby, puis une morgue…
- Hé ben, tu vas en voir des choses différentes aujourd’hui, le coupa Seliba en ricanant dans sa barbe naissante. Je vais te laisser partir très vite et te souhaite bon courage pour ta tournée qui, j’en suis sûr, sera merveilleusement instructive.
- Ah bon, vous croyez ?
- Oui, crois moi mon petit tu ne regretteras pas d’avoir pris de l’avance aujourd’hui dit Seliba d’un air mystérieux en raccompagnant fermement le livreur à la porte.
Il le laissa sur le palier, les bras chargés des nombreux colis qu’il devait livrer. C’est sans se soucier de son devenir plein de promesses, qu’il lui claqua la porte au nez. Seliba pouvait maintenant se concentrer sur l’ouverture du colis. Comme prévu c’était un gode et en lui dévissant le cul, il trouva des échantillons avec un petit mot qui disait :
Cher Seliba,
Voici comme convenu des échantillons.
Fais en ce que tu dois
Et lève le mystère. De bon aloi,
Répond à nos interrogations.
Glitterement vôtre. Sexy.S
PS : le gode fonctionne.
Seliba quitta le hall d’entrée et sa serviette. Il alla s’installer dans son laboratoire, s’enfermer pour ce qui restait de nuit.
INTERLUDE
Le livreur se sentit tout chose sur le pas de la porte de l’appartement de l’homme presque nu au regard mystérieux. C’était la première fois. Il n’avait jamais livré auparavant. Il rêvassa deux minutes puis reprit ses esprits et sa tournée. Il lui fallait se rendre à la prochaine adresse de livraison.
Tout en avançant, il se sentit de mieux en mieux, quoiqu’un peu cotonneux, et à l’arrivée au 69 rue des glaïeuls, il était clair qu’une envie émergeait au plus profond de lui.
La grand-mère et son chien étaient déjà éveillés, ils l’attendaient pour prendre de l’avance sur leur journée vide. Ding dong. La grand-mère ouvrit.
- Bonjour, j’ai un colis en forme de double gode XL et un livre intitulé Stupre et tremblement, pour La grand-mère et son chien au 69 rue des glaïeuls.
- Oui c’est moi. Mais entrez donc jeune homme. Vous prendrez bien un café.
La vieille femme en bougeant laissa sa robe de chambre rose matelassée s’entrouvrir sur des dessous de dentelles affriolants.
- Ben si vous insistez… je ne pourrai résister, dit le livreur complètement désinhibé.
- Mignon, je sens qu’on va bien s’entendre dit la vieille avec un regard lubrique, un sourire en coin.
- Wouf wouf fit le chien en remuant la queue.
Le livreur pénétra l’intérieur de la vieille et son chien. La porte se ferma.
Un peu plus tard, le jeune homme sortit tout débraillé. Il venait de vivre une expérience curieuse. Il faisait jour, il était en retard et ce n’était que le début. Il chassa l’image floue de la vieille en tenue de vinyle et son chien à la langue habile. Les voies du seigneur étant impénétrables, il décida de passer outre le couvent et de se rendre directement au club de rugby. Son envie était toujours là et les rugbymen, étant de bons conseils pour ce genre de chose, pourraient sûrement l’aider. Il marcha sur le chemin du stade, les pupilles dilatées, un tourbillon de sensation le traversait. Le livreur arriva aux portes des vestiaires, l’entraînement venait de terminer. Il poussa la porte doucement, un nuage de vapeur d’eau chaude en profita pour sortir. Les odeurs étaient fortes à l’intérieur, sueur et gel douche bon marché à la vanille. Brouillard chaud. Le jeune homme avança doucement, se rapprochant des douches d’où venait des rires et les bruits de ruissellement. Il était tellement excité qu’il ne vit pas arriver le rugbyman nu au torse puissant et velu qui le plaqua au sol avec violence. Le livreur se soumit aussitôt.
- Que fais tu là petit imprudent ? demanda le rugbyman nu au torse puissant et velu d’une voix de baryton.
- Je viens livrer du poppers et des colis en forme de gode à toute l’équipe, dit le livreur la gueule écrasée sur le carrelage blanc et glissant du sol des vestiaires.
- Hé les gars, la livraison est là, cria d’une voix forte le rugbyman nu au torse puissant et velu tout en maintenant fermement le livreur au sol. Et je crois qu’on va bien s’amuser….
Le livreur se crut au paradis à la vue, en contre plongée, de l’équipe au complet qui sortait des douches avec empressement et sans pudeur.
Quelques heures plus tard le livreur sortit des vestiaires, défoncé dans tous les sens du terme, gratifié d’une bonne tape dans le dos de la part de toute l’équipe. Sur le pas de la porte, les rugbymen lui lancèrent :
- Ciao et reviens nous livrer quand tu veux…
- Ok les mecs.
La livraison n’était pas terminée mais le livreur était décidé à honorer son contrat. Livreur de colis en forme de gode est un dur métier.
Le livreur mettra du temps à finir sa livraison, trop selon son patron. Il se fera virer mais deviendra Porn Star dès sa majorité grâce au film « Livreur en chaleur ». Sa carrière prendra alors une tournure des plus intéressante.
Sexysperma pensait et ça lui arrivait souvent. Les derniers événements l’avaient laissée aussi perplexe que la fois où elle s’était trouvée en face d’un cube composé de petits cubes de couleurs différentes qu’il fallait manipuler de façon astucieuse pour qu’ils se rassemblent en six faces de couleur identique. Aujourd’hui elle ne se fait plus chier avec ce genre de futilité, elle sort sa palette de fard à paupière et recolorise le tout en un quart de seconde, mais d’autres problèmes plus difficiles à résoudre étaient présent à son esprit quand on sonna à la porte. Méfiante, Sexysperma alla jeter un œil à son Judas de porte. Celui-ci ne se fit pas prier pour lui laisser entrevoir qui se trouvait derrière. Seliba était là, voyageur léger, il souriait quand elle ouvrit la porte.
Après les échanges de rigueur pleins de chaleur, ils allèrent s’installer dans la cuisine de formica orange.
- Il sont terribles tes poulets bleus dans la cour intérieure mais ils ne fouillent pas très bien.
- Oui je sais, j’ai longuement débattu cette question avec Asthik.
- Et qu’en est il ressortit ?
- Qu’on s’en fout des volatiles.
- En même temps, c’est un peu vrai. Du moment qu’il nous donne des plumes…
- Oui je sais ça aussi mais tu n’es pas là pour parler gallinacé je suppose.
- Non je suis là pour te voir.
- Oui mais à part ça ?
- Je suis là pour voir les autres Vipères aussi.
- Haaaaa, j’en peu plus de ce suspense !!! Dis moi ce que tu as découvert !!
Seliba riait d’un plaisir un peu sadique.
- Ok, Sexy je vais te raconter un peu le fruit de mes découvertes. Mais avant il faut que tu me payes une autre bière nordique.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Seliba pouvait boire encore un peu de ce nectar à 9°. Ce n’était que sa 3éme bouteille depuis son arrivée il y a un quart d’heure.
Il était temps de parler, le regard de Seliba s’assombrit un peu plus. Il se pencha en avant, Sexysperma aussi, et commença à parler sur le ton de la confidence.
- Les résultats des analyses des échantillons confirment notre première intuition. Nous sommes bien en présence d’un double G mutant.
- Un double G mutant !
- Oui mais arrête de répéter.
- J’y peux rien, c’est plus fort que moi. Toute cette histoire me plonge dans un état étrange. Je suis à fleur de peau et pleine de perplexité, il faut me comprendre, je ne suis qu’une pauvre femme fragile et émotive.
- Bon, je comprend mais écoute bien la suite.
Il baissa la voix de plusieurs tons jusqu’à atteindre la gamme des infra basses inaudibles pour une oreille non exercée. Sexysperma dû lire sur ses lèvres et elle n’en revenait pas de ce qui était écrit dessus.
- Tu as trouvé entre autre des paillettes mauves sur les échantillons ? demanda Sexysperma pour s’assurer qu’elle avait bien lu.
- Oui, tu as bien lu.
Sexysperma se remit à penser. Le réseau de ses neurones était complètement mobilisé par cet acte. Elle alluma une cigarette façon femme fatale et recracha la fumée létale en un nuage tête de mort.
- Je crois savoir qui est contaminé, dit-elle.
Sexysperma et Seliba échangèrent un regard complice, il avait compris lui aussi.
- Il faut convoquer les vipères et en profiter pour faire une petite fête, s’exclamèrent les deux compères.
Un soir d’orage chez Sexysperma.
La fête battait son plein et pour l’occasion, des sympathisants de la cause et quelques figurants avaient été conviés. Les Vipères s’étaient isolées à minuit, toutes réunies dans le salon baroque, caquetantes et sifflantes. Eclairage tamisé et bougies parfumées.
Tout le monde échangeait les derniers potins : qui-avait-fait-quoi-avec-qui-où-et-comment. L’ambiance était festive, drogues et alcools étaient présents comme d’habitude. L’ordi customisé de Sexysperma jouait le dernier album de Sexy Sushi pour le plus grand plaisir de tous.
Sexysperma saisit un verre de cantine plein de vin blanc qu’elle transforma aussitôt en verre de cristal baccarat empli de champagne. Munie d’une paille en argent elle fit chanter le cristal en le battant avec délicatesse. Un son harmonieux se propagea dans la pièce, ricocha aux murs et créa le silence. Sexysperma et Seliba étaient au centre de l’attention.
- Les amis, je vous demande toute votre attention. Nous sommes sur le point de faire des révélations, dit Sexysperma avec un air grave
Le tonnerre se mit à grommeler.
- Ce que nous allons vous dire ce soir risque de changer le cours des choses à jamais. En effet, nous sommes en mesure de dire, preuve à l’appui… que… l’un de nous est le double G.
Le tonnerre gronda. L’orage était très proche et les vipères sous le choc, la bouche ouverte, furent muettes pendant deux secondes.
- Le double G est l’un de nous ? répétèrent les Vipères incrédules.
- Oui et nous allons vous expliquer comment nous en sommes arrivés à cette conclusion stupéfiante rétorqua avec assurance Seliba.
Tout le monde pris un rail de coke, un shot d’alcool et alluma une cigarette histoire de se préparer à ce qu’ils allaient entendre.
- Vous savez tous, grâce à notre blog, ce qu’il s’est passé dernièrement. L’agression multiple dont nous avions trouvé les vestiges et les premières analyses des brillants Pseudo.Me et Seliba nous avaient tous laissé pantois… cependant, reprit Sexyserma qui ménageait son effet, nous avions prélevé des échantillons sur la scène du crime et les avions envoyés à Seliba pour une analyse plus approfondie…
- J’ai été livré à cinq heures du matin l’autre jour par un livreur peu assuré qui se souviendra pourtant longtemps de son passage chez moi, continua Seliba. Je me suis immédiatement mis à travailler sur les échantillons et en quelques secondes je pu confirmer notre premier diagnostic tout en m’assurant que le gode fonctionnait. Mais mon attention fut attirée par de petits détails étranges.
Le tonnerre gronda un peu plus fort encore. Les visages des Vipères étaient tendus comme des strings en plein hiver.
- J’ai relevé des traces microscopiques de rouge à lèvre et la présence de paillettes mauves, annonça Seliba.
- Mais… mais, c’est impossible nous n’avons rien remarqué sur la scène du crime lança L’homoover angoissé, transpirant de vodka.
- Rappelez-vous ce que Pseudo.Me avait justement remarqué : La lune était noire ce soir là … les paillettes mauves ne brillent pas dans ce cas là, elles se fondent avec le paysage en attendant leur heure et seules les Vipères utilisent ce genre de paillette, intervint Sexysperma.
- Ce n’est pas tout, coupa Seliba. Mon odorat aiguisé m’a mit sur la voie d’une substance volatile et parfumée…
La tension était palpable et l’orage était là. Retenant leur souffle, les Vipères étaient proche de l’apoplexie.
- Le rouge à lèvre…
- Les paillettes…
- Le parfum…
- Tout nous conduit vers… Asthik, déclamèrent simultanément Sexysperma et Seliba.
Un éclair violent déchira le ciel, illuminant le salon de façon stroboscopique, le tonnerre laissa éclater sa colère bruyamment, le courant se coupa et quelqu’un cria. Le temps s’arrêta jusqu’à ce que leurs pupilles s’habituent à la lueur des bougies, les Vipères découvrirent alors avec stupeur qu’Asthik avait disparu.
Durant la panique due à la coupure de courant, les invités avaient tous fuit. Les vipères, en ouvrant les portes sur le couloir, découvrirent le vide et le noir. Etrange. Sexysperma brisa le silence.
- Bon, les amis, il faut agir, il faut retrouver Asthik au plus vite.
- Je crois qu’il vaut mieux se séparer dit Herr.Ektor.
- Tu as raison. Elleair, Pseudo.Me et toi partez par là. Cyprin et L’homoover, par là. Quant à Seliba et moi nous nous chargerons du grand salon, des combles et de la salle de bain du fond. Rendez vos ici dans une heure et faîtes attention, Asthik n’est pas lui-même. N’oubliez pas que c’est un double G.
- Ok Sexy, dirent ensemble les Vipères.
Chacun partit dans la direction indiquée en prenant une bougie et un peu de coke. C’est dans une ambiance pesante que les équipes se séparèrent à la recherche du membre disparu.
L’homoover et Cyprin avançaient à pas de souris pour visiter en silence les dix-sept chambres de l’appartement. Seliba et Sexysperma commencèrent comme prévu dans le grand salon. Elleair, Pseudo.Me et Herr.Ektor arrivèrent très vite au bout du couloir de l’appartement et débouchèrent dans l’escalier de l’immeuble. Des paillettes brillaient au sol comme des petites étoiles déchues proches de la mort. La flamme de la bougie vacillait et les ombres dansaient de façon saccadée. Les trois amis avaient descendu 62 marches quand ils découvrirent le premier reste de repas du double G. Ils étaient sur la bonne voie et c’est en silence qu’ils suivirent la piste des cadavres-ballons-de-baudruche. Ils en trouvèrent trois avant d’aboutir dans la cour de l’immeuble où gisait un monticule de restes de repas.
- Les plantes vibrent. Il se passe quelque chose ici, chuchota Pseudo.Me.
Et il ne croyait pas si bien dire. Asthik était tapi derrière une poubelle de la cour, le double G le contrôlait totalement. Tout se passa très vite, à peine quelques secondes. Le double G, tel un chat, bondit de sa cachette. La secrète Elleair qui était restée en retrait l’aperçut du coin de l’œil. En deux mots, elle le refroidit en plein vol et il tomba lourdement au sol. Herr.Ektor concentra son pouvoir dans ses bracelets et transforma des serpentins qui traînaient par terre en lacets de cuir. En deux temps quatre mouvements, Herr.Ektor avait ligoter Asthik comme un rôti de veau farci.
- Il s’en est fallu de peu, murmura Pseudo.Me. Merci Elleair pour tes prompts réflexes.
Silencieuse, celle-ci sourit et la lumière revint.
- Nous devrions prévenir les autres, annonça Herr.Ektor.
Saucissonné comme un rôti de veau farci, Asthik était au milieu du salon baroque. Il avait les yeux jaunes et les Vipères lui avait mis une pomme dans la bouche pour ne pas qu’il balance tout un tas d’insanités digne du film l’exorciste. Les vipères l’entouraient à bonne distance. Munis de grands bâtons, chacun pouvait à loisir le toucher de loin et le faire grogner et se tordre.
- Et maintenant, qu’allons nous faire ? demanda Herr.Ektor.
- Nous pourrions commencer par lui saouler la gueule jusqu’à ce qu’il s’endorme et que la crise passe, proposa L’homoover.
- C’est une bonne idée, dit Seliba. Vas-y L’homoover balance ta vodka.
Celui-ci ne se fit pas prier, il transforma le contenu d’une bouteille d’eau de 5 litres en vodka bolchevique. En un geste rapide, il remplaça la pomme par la bouteille et le double G se retrouva avec 5 litres de vodka dans l’estomac. Il fallu attendre cinq minutes pour qu’il se mette à ronfler comme un bébé après la tétée, un filet de bave aux lèvres.
- Et maintenant, qu’est ce qu’on en fait ? demanda Herr.Ektor qui touchait Asthik du bout de son bâton pour vérifier qu’il était bien rond comme une queue de pelle.
- On a qu’à le laisser là, intervint Seliba. En attendant, je vais prélever quelques échantillons de ses différents flux corporels, j’ai quelques petites analyses complémentaires à réaliser. Sexysperma, j’ai besoin de tes pouvoirs. Il faut que tu m’improvises un labo d’analyse.
- Ok Seliba. Viens avec moi dans la salle de bain du fond, je vais t’aménager ça.
Seliba préleva les échantillons et suivit Sexysperma dans la salle de bain du fond. Les autres restèrent un moment à regarder le pauvre Asthik, tout saucissonné, échoué comme une petite baleine sur une plage de sable blanc. Ça faisait peine à voir.
- Bon, qui veut une bière pour y voir plus clair ou une ligne pour rester digne? demanda Cyprin.
- On voudrait bien les deux en fait, répondirent ses acolytes.
- On a qu’à finir les restes, ajouta Cyprin.
Les Vipères reprirent le cours de leurs activités normales en attendant impatiemment les résultats du labo improvisé.
Seliba et Sexysperma revinrent au lever du jour. Herr.Ektor toujours debout les interrogea comme il pu, la plupart des Vipères dormant du sommeil du juste un peu trop saoul.
- Qu’avez-vous trouvé ?
- Nous avons découvert tout à fait par hasard, que la cocaïne semble être le déclencheur des crises d’Asthik.
- Mais pourtant j’étais à ses côtés quand il en prenait et je n’ai remarqué aucun changement inhabituel.
- C’est normal. La réaction est en chaîne et met du temps. Le virus du double G semble avoir muté avec les années 90 et 2000, il s’est défait des rythmes lunaires pour s’acoquiner avec les drogues. Couplé à la cocaïne, il bloque certains neurorécepteurs et fait fabriquer à d’autres un neurotransmetteur peu ordinaire qui envoie un message falsifié aux cellules du corps d’Asthik. Celles-ci modifient alors la fabrication de l’ADN et produisent une enzyme qui transforme alors Asthik en horrible individu pour une durée de quelques heures.
- Mais qu’allons nous faire maintenant ?
- Tout d’abord nous allons nous coucher et je reprendrai mes investigations à partir de demain et le temps qu’il faudra pour trouver un remède. Nous ne pouvons pas le priver de bonnes choses toute sa vie, mais en attendant, il ne faut absolument pas lui donner de C. je travaillerai rapidement à tout ça, pour cela il faut que je retourne dans mon labo perso, j’aurai plus de moyens.
- Ok, nous veillerons sur Asthik du mieux que nous pourrons.
Le réveil d’Asthik fût difficile. Il se sentait tout courbaturé et ses membres refusaient de bouger comme il le leur commandait. Il a la gueule de bois. Il lui fallu quelques minutes pour comprendre qu’il était ligoté. Autour de lui les Vipères étaient avachies dans différentes postures bien dure à garder, et ne semblaient pas le moins du monde émues par sa situation.
- Hé, les copains ! cria-t-il.
Personne ne bougea.
- Hé, les copains ! cria-t-il plus fort. Qu’est-ce qui se passe ?
Herr.Hektor qui dormait d’un sommeil léger se réveilla.
- Salut Asthik. Désolé on t’a ficelé car on ne pouvait pas faire autrement.
- Comment ça ? Je ne me souviens de rien.
- Attend, je te libère de tes liens et je t’explique.
- OK.
Herr.Hektor défit avec lenteur les nœuds qui maintenaient Asthik prisonnier. Celui-ci étira ses membres endoloris et s’assit en position du lotus.
- Ah, ça va mieux. Maintenant tu vas pouvoir me donner une explication digne de ce nom.
- Bon, je vais pas y aller par quatre ni par cinq chemins. On a découvert que tu es le Gay-garou.
- Oh mon Dieu ! Mais comment cela est-il possible ? cria Asthik les yeux exorbités.
En entendant ses cris, les autres Vipères délaissèrent Morphée comme une vielle chaussette trouée et s’abandonnèrent au jour déjà levé. Asthik était pris de panique, il commença à gesticuler dans tous les sens. Une bonne claque de la part de Cyprin lui remit les esprits en place.
- Chéri, il faut que tu te reprennes, s’exclama fermement Cyprin en secouant Asthik comme un prunier d’Agen. Ce n’est pas si grave, on va te surveiller et empêcher que cela ne recommence.
- En plus, grâce aux analyses poussées de Seliba on est en mesure aujourd’hui de dire que la cocaïne est le déclencheur de la transformation. Donc, plus de coke pour toi Asthik, déclara Herr.Ektor.
- Mais…mais… comment je vais faire moi maintenant ?
- T’inquiètes, on va trouver une solution, mais en attendant tu devras te tenir à un régime strict sans poudre.
Asthik s’écroula en sanglots, il était un double G et n’avait plus le droit de prendre de la coke. Le monde est cruel.
- Seliba a du repartir, annonça Sexysperma, une affaire importante à régler dans une autre ville dont il a tu le nom, mais il a amené avec lui suffisamment d’échantillons pour poursuivre les recherches et trouver un remède à ton mal Asthik. Je resterai en communication régulièrement avec lui et tu seras au courant des avancées des recherches au fur et à mesure.
- Ok, alors je compte sur vous tous pour me surveiller.
- Ok répondirent en chœur les vipères.
- Nous ne pouvons pas le laisser comme ça avec cette mine patibulaire, dit Cyprin. Je vais lui refaire une petite beauté avec mes manchettes à paillettes...